« Plus de son moins de répression » : au rythme de la musique techno, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Marseille contre des législations à l’étude au Parlement pour durcir la pénalisation des free party. Cette mobilisation, appelée dans plusieurs villes de France, a rassemblé environ 500 personnes selon la police.
Une ambiance festive et revendicative
Samedi à Montpellier, ils étaient 800 selon la police, rassemblés sur le parvis de l’hôtel de ville. Dans une ambiance détendue, les manifestants brandissaient des pancartes vindicatives : « Touche pas à ma culture », « On préfère nos vinyles à vos vies nulles ». À l’appel des collectifs de défense des free parties, cette mobilisation est attendue dans trente villes, ce week-end mais aussi début juin, pour dénoncer « des propositions de loi liberticides ».
Le projet de loi Ripost attendu à l’Assemblée nationale
Dimanche, à Marseille écrasée par la chaleur, les manifestants ont pris part à un cortège rythmé par la musique techno, diffusée par des enceintes montées sur une dizaine de camions. Certains étaient torse nu quand d’autres arboraient des tenues plus étudiées, comme des uniformes orange de détenus. « En prison pour avoir dansé au réveillon », « Répression tentaculaire, on ne se laissera pas faire », « Plus de son moins de répression », pouvait-on lire sur certaines pancartes.
« Nous continuerons de nous battre pour protéger cette culture », assure Jules, 25 ans, venu du Var, qui a souhaité garder l’anonymat. Il fustige une « loi liberticide qui va emprisonner des jeunes rêvant de proposer des lieux d’évasion ouverts à tous, inclusifs et gratuits ».
Adopté au Sénat, le projet de loi Ripost attend d’être débattu à l’Assemblée nationale. Pour les organisateurs de fêtes, il prévoit une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, et jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants contre 500 actuellement.
Des témoignages variés
Alix, 23 ans, étudiante en master de relations internationales, explique « en tant que femme » se sentir « beaucoup plus safe en teuf qu’en boîte ». L’attrait des free party vient aussi de « la hausse des prix des concerts », avec « une centaine d’euros minimum pour un gros festival ». Certains manifestants plus âgés reconnaissent « ne pas aimer » la musique techno. « Ce n’est pas la question », estime Cécile, 61 ans. « On criminalise la musique, la fête, les jeunes ! »
Samedi à Montpellier, Tom, 20 ans, étudiant en cinéma et audiovisuel, défend « des mouvements de liberté où les jeunes veulent juste danser et s’amuser ». « L’univers de la rave party, c’est très singulier. C’est gratuit, accessible à tous, dans des lieux naturels », plaide le jeune étudiant.



