Le dimanche 26 juillet, un homme âgé d'environ 70 ans a été interpellé en gare de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire). Il est soupçonné d'avoir réalisé des montages à caractère pédopornographique à bord d'un TGV reliant Paris aux Pays de la Loire. L'information, révélée par La Nouvelle République, a été confirmée par Le Parisien.
Selon une source policière citée par nos confrères, les faits se sont déroulés dans la matinée. Le voyageur, installé à sa place, travaillait sur son ordinateur portable lorsqu'il a été vu en train de générer des images à l'aide d'un logiciel d'intelligence artificielle. Sur l'écran apparaissaient des photos d'enfants en sous-vêtements et des montages montrant des adultes en érection. Les passagers du wagon n'ont pas hésité à l'interpeller, mais l'homme est resté indifférent, selon la même source.
Des voyageurs qui donnent l'alerte
Le train à grande vitesse roulait encore en direction de l'ouest de la France lorsque les témoins ont décidé de prévenir les contrôleurs. Le personnel de bord a immédiatement contacté les forces de l'ordre. C'est à l'arrivée du TGV à Saint-Pierre-des-Corps que les agents de la brigade de répression des atteintes aux personnes (BRAP) ont procédé à l'interpellation du septuagénaire.
Cette unité, spécialisée dans les infractions contre les personnes, intervient fréquemment dans les gares et les trains pour lutter contre les violences sexuelles et la diffusion de contenus illégaux. L'homme a ensuite été conduit au commissariat central de Tours, où il a été placé en garde à vue.
Une procédure judiciaire transférée à Saverne
À l'issue de sa garde à vue, le passager a été remis en liberté. Le parquet de Tours, initialement saisi, a ouvert une enquête. Toutefois, le dossier a finalement été transmis au parquet de Saverne (Bas-Rhin). Cette décision est liée à la domiciliation du suspect, originaire d'Alsace. C'est donc le tribunal de Saverne qui sera chargé de poursuivre les investigations.
Ce changement de ressort territorial est fréquent lorsqu'une personne est interpellée hors de son lieu de résidence. Il permet de rapprocher l'affaire du juge naturel du mis en cause. À ce stade, aucune charge n'a été retenue contre le septuagénaire, qui reste présumé innocent.
Sarah El Hairy remercie les témoins
La Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Hairy, a réagi sur le réseau social X. Elle a dans un premier temps salué la vigilance des voyageurs avant de faire une déclaration plus générale : « les prédateurs ne se cachent pas dans les recoins d'internet : ils sont partout ». Elle a ajouté : « le silence protège les agresseurs, jamais les enfants ».
Cette prise de parole rappelle l'importance de la mobilisation citoyenne dans la protection de l'enfance. L'affaire met en lumière un phénomène en pleine expansion : la création de contenus pédocriminels par intelligence artificielle. Grâce à des outils de plus en plus accessibles, des individus fabriquent des images réalistes sans passer par la production de photos réelles, ce qui complique le travail des enquêteurs.
Une enquête toujours en cours
Les investigations devront maintenant déterminer l'ampleur des contenus créés, leur éventuelle diffusion et l'existence d'autres victimes. Les témoins ont joué un rôle décisif dans cette interpellation, leur signalement ayant permis d'alerter rapidement les autorités. Le parquet de Saverne doit désormais décider des suites à donner.
Cette affaire, par son caractère inhabituel, souligne que les actes pédocriminels peuvent se produire dans des lieux du quotidien, comme un train de grande ligne. Elle rappelle également que la vigilance de chacun peut aider, à son échelle, à protéger les enfants. Selon l'avancement de l'enquête, le septuagénaire pourrait être convoqué prochainement devant la justice.



