Manifestation anti-Bolloré près de L'Olympia : Jean-Luc Mélenchon se montre et menace de démanteler tout son empire
Plusieurs dizaines de personnes, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont rassemblées samedi près de L'Olympia à Paris, à l'appel de la CGT Spectacles, pour s'opposer à "la bataille culturelle de l'extrême droite" et à la "mainmise" du milliardaire conservateur Vincent Bolloré sur les médias et la culture. La prestigieuse salle de spectacle appartient au groupe Canal +, dont M. Bolloré est l'actionnaire de référence.
Quel est l'objectif de cette mobilisation ?
"M. Bolloré a mis en danger la liberté de penser en France en créant un monopole idéologique sur la presse, la culture et l'éducation, dans l'édition", a déclaré à l'AFP M. Mélenchon, qui n'a pas pris la parole en tribune. "Si nous gagnons l'élection présidentielle" en 2027, "le trust Bolloré en entier sera démantelé", a ajouté le leader de la France insoumise (LFI), badge "Zapper Bolloré" au revers de la veste. Cela passera par "une loi anti-concentration", a renchéri la députée LFI Sarah Legrain.
Des figures de la culture au rassemblement
Sous une chaleur écrasante, les manifestants, essentiellement issus du monde de la culture, se sont rassemblés sur la place Henri-Salvador, à côté de L'Olympia, au centre de Paris. Parmi eux figurait la comédienne Adèle Haenel, signataire mi-mai d'une tribune qui visait le milliardaire et dénonçait "l'entreprise grandissante de l'extrême droite" dans le cinéma, dont Canal + est le premier financier en France.
Un empire médiatique et culturel
Via les groupes dans son giron, M. Bolloré est présent dans la télévision et le cinéma (groupe Canal +, qui détient plusieurs chaînes dont CNews), la radio (Europe 1), la presse (JDD et les magazines du groupe Prisma) et l'édition (Hachette, avec les éditeurs Fayard ou Grasset). Au milieu d'une nouvelle de touristes, les discours se succèdent sur l'estrade d'un camion aux couleurs de la CGT Spectacle, barré d'une banderole "Paris antifa". "Ce à quoi nous assistons, c'est une entreprise de mainmise sur toute la fabrique de l'opinion publique", a accusé la députée écologiste Sophie Taillé-Polian.
Des tensions jusqu'à Cannes
Au Festival de Cannes, une tribune anti-Bolloré a déclenché une vive polémique : le président du directoire de Canal +, Maxime Saada, a menacé de ne plus financer les films des signataires. En avril, des dizaines d'écrivains ont claqué la porte de Grasset après le limogeage du PDG Olivier Nora, qu'ils imputaient à M. Bolloré. Côté médias, CNews, Europe 1 et le JDD sont accusés par la gauche de promouvoir une vision d'extrême droite dans leur traitement des questions d'insécurité ou d'immigration, ce dont ils se défendent.



