Le député des Pyrénées-Orientales, Laurent Panifous, a créé la surprise ce mercredi à l'Assemblée nationale en prenant la défense du gouvernement face aux accusations d'immobilisme. Lors d'une intervention dans le cadre de la séance des questions au gouvernement, il a déclaré : « Taxer le gouvernement d'immobilisme, c'est de la mauvaise foi. »
Un plaidoyer inattendu
Issu du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT), Laurent Panifous est pourtant coutumier des critiques envers l'exécutif. Mais cette fois-ci, il a estimé que les oppositions allaient trop loin. « Depuis le début du quinquennat, des réformes structurelles ont été engagées, notamment sur le travail, les retraites ou l'énergie. Les ignorer, c'est faire preuve de mauvaise foi », a-t-il insisté.
Le député a notamment rappelé que le gouvernement a fait adopter 12 lois majeures en deux ans, dont la réforme des retraites et la loi sur le pouvoir d'achat. « Dire que rien n'est fait, c'est mentir aux Français », a-t-il ajouté.
La réponse de l'opposition
Les propos de Laurent Panifous ont provoqué des réactions contrastées. À gauche, on lui a reproché de « faire le jeu du gouvernement ». Le député insoumis Jean-Luc Mélenchon a tweeté : « Quand on est dans l'opposition, on ne défend pas le gouvernement. » De son côté, la députée RN Marine Le Pen a dénoncé « une tentative de noyautage du LIOT par la macronie ».
Mais le député Panifous n'a pas cédé : « Je ne défends pas le gouvernement pour le plaisir, mais par honnêteté intellectuelle. L'immobilisme n'est pas un défaut de ce gouvernement ; c'est plutôt l'opposition qui bloque les réformes en multipliant les motions de censure et les recours au 49.3. »
Le contexte politique
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement est fragilisé par une série de crises : inflation, pénurie de médicaments, et tensions sur le budget. Selon un sondage Odoxa publié la semaine dernière, 68% des Français estiment que le gouvernement manque de volonté réformatrice. Laurent Panifous a contesté ce chiffre : « Les sondages ne font pas la politique. Le gouvernement agit, mais il doit mieux communiquer. »
Le groupe LIOT, souvent pivot dans les votes à l'Assemblée, semble ainsi vouloir marquer sa différence en rappelant son indépendance. « Nous ne sommes ni dans la majorité ni dans l'opposition systématique. Notre rôle est de juger chaque texte sur le fond », a expliqué le député.
Les réactions au sein du gouvernement
Du côté de l'exécutif, on a accueilli ces déclarations avec satisfaction. La porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a salué « une parole de raison et de responsabilité ». Elle a ajouté : « Laurent Panifous montre que l'opposition n'est pas monolithique. Certains savent reconnaître le travail accompli. »
Cette séquence pourrait avoir des conséquences sur les prochains votes, notamment sur le projet de loi de finances. Le gouvernement espère ainsi séduire quelques députés LIOT pour éviter un énième recours au 49.3. Mais Laurent Panifous a prévenu : « Notre soutien n'est pas acquis. Nous continuerons à critiquer ce qui ne va pas. »
Une stratégie politique personnelle ?
Certains analystes voient dans cette intervention une tentative de Laurent Panifous de se positionner en voix modérée et constructive, en vue peut-être d'une future candidature à la présidence de son groupe ou même à d'autres responsabilités. Le député, élu pour la première fois en 2022, est un ancien fonctionnaire territorial. Il se définit comme « un pragmatique, ni de droite ni de gauche ».
Quoi qu'il en soit, cette affaire relance le débat sur l'efficacité du gouvernement. Alors que l'exécutif est souvent accusé de lenteur, le député Panifous rappelle que les réformes prennent du temps et que la complexité parlementaire explique en partie cette impression d'immobilisme. « Ne confondons pas immobilisme et respect du débat démocratique », a-t-il conclu.



