Ce dimanche 19 juillet 2026, un incendie virulent a ravagé les communes des Arcs-sur-Argens et Taradeau, dans le Var. L'évacuation de près de 150 personnes a été ordonnée en urgence. Les sinistrés ont été accueillis dans la salle polyvalente de la commune, l'espace Hugony, où ils ont témoigné de leur peur et de leur incertitude.
Un déploiement massif de moyens
Dès 17 heures, le poste de commandement installé sur le parking du Cellier des Archers était en effervescence. Le maire Marcel Florent et la sous-préfète Myriam Garcia ont annoncé les évacuations dans les quartiers des Aires, des Laurons et de Chabotte. Les moyens mobilisés étaient impressionnants : 615 sapeurs-pompiers, 5 Canadair, 2 avions Dash et 4 hélicoptères bombardiers d'eau. Un ballet aérien continu survolait la zone, tandis que les groupes d'intervention feux de forêt se dirigeaient sirènes hurlantes vers le sinistre.
L'angoisse des sinistrés
Dans la salle communale, les visages étaient tirés. Une dame, dépitée, demandait à un agent : « Ils vont sauver ma maison hein ? Elle ne va pas brûler… » Un homme titubait et réclamait quelque chose de sucré à un secouriste. Des familles, des couples, de jeunes enfants pleuraient dans les bras de leurs mères. Des personnes handicapées étaient également présentes.
Armelle et sa famille, du lotissement des Laurons, racontent : « Nous sortions d'un repas familial. En à peine 30 minutes, les flammes se sont rapprochées à une vitesse folle. » Sa mère, en fauteuil roulant, a dû être portée par les pompiers pour être évacuée. « Maintenant, on patiente, on verra ce que l'on découvrira en rentrant… »
« En 5 minutes, la colline s'est embrasée »
Alban, Ilan et Kylian, habitants du plateau des Aires, expliquent : « En rentrant de la plage, j'ai aperçu une fumée noire. En 5 minutes, la colline s'est embrasée. » Ils ont récupéré quelques affaires à la va-vite et ont dû abandonner leur voiture pour rejoindre la salle communale à pied. « Tout ça s'est déroulé à une vitesse dingue. On ne sait pas si notre maison a brûlé… »
L'école Vidal transformée en centre d'accueil
En fin de journée, l'école Vidal s'est organisée avec des bénévoles pour accueillir les sinistrés pour la nuit. Des matelas gonflables, des lits pour enfants et personnes handicapées ont été installés. Des palettes d'eau et des vivres ont été acheminées. Annie Denans-Audibert, 2e adjointe, a déclaré : « Nous pouvons accueillir jusqu'à 1 000 personnes dans différents lieux communaux. » Finalement, vers 22h30, seule une quinzaine de personnes étaient encore réfugiées à l'école.
Un travail de fourmi pour les pompiers
Au poste de commandement, le contrôleur général Eric Grohin a précisé en fin de journée : « Bien que le feu ne soit pas encore fixé, les conditions deviennent plus favorables. Nous répandons du produit retardant en bordure de l'incendie. Nous allons procéder à des opérations de noyage toute la nuit. C'est un vrai travail de fourmi qui s'annonce. »



