Silver économie : des opportunités pour les Alpes-Maritimes
Silver économie : opportunités pour les Alpes-Maritimes

La silver économie, ou économie de la longévité, constitue un moteur de croissance et d'innovation pour les territoires, selon les intervenants d'une table ronde du Club Eco de Nice-Matin, organisée mardi 15 septembre au Palais des festivals et des congrès de Cannes, dans le cadre du salon Silver Eco. Le débat, animé par Karine Wenger, cheffe du service Eco de Nice-Matin, a réuni plusieurs acteurs du secteur pour démontrer le caractère stratégique et transversal de cette filière, qui offre des opportunités dans la médecine, la construction, le tourisme ou encore la mobilité.

Un secteur porteur : 22 millions de plus de 55 ans en France

Titouan Levard, directeur général adjoint de Silver Valley, un réseau d'entreprises fédérant plus de 230 acteurs de la silver économie, a ouvert les débats en rappelant l'ampleur du phénomène. En France, le solde naturel, différence entre naissances et décès, est devenu négatif en 2025, accélérant le nombre de personnes dépendantes. Le territoire compte ainsi 22 millions de personnes de plus de 55 ans et 7,7 millions de plus de 75 ans. « Pourtant, une personne de 55 ans n'a rien à voir, qu'il s'agisse de ses habitudes quotidiennes ou ses prescriptions médicales, avec une personne de 80 ans. Il existe des différences énormes entre les générations, en termes de parcours de vie ou de situations familiales », a-t-il estimé.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est le 3e territoire le plus âgé de l'Hexagone, et dès 2010, les Alpes-Maritimes ont été le premier département à compter plus de seniors que de jeunes de moins de 20 ans. Quelque 104 000 emplois sont dédiés au vieillissement en Région Sud. Le dirigeant de Silver Valley a également souligné la surreprésentation de l'offre médico-sociale dans le Sud-Est, ainsi que le taux de remplissage élevé des résidences pour seniors, signe d'une forte attractivité. « Si Samsung est présent ici à Cannes sur ce salon de la silver économie, c'est bien la preuve que le segment des seniors est en forte progression. C'est une filière qui crée de réelles opportunités. Le vieillissement n'est pas qu'un sujet médico-social, c'est un sujet de société », a-t-il ajouté.

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Logement et intelligence artificielle : des défis à relever

Floriane Debono, directrice adjointe de la Maison départementale de l'Autonomie des Alpes-Maritimes, est intervenue sur le développement économique et l'emploi. Elle a évoqué le plan pour les aidants ouvert par le Département dès 2019 et la problématique du logement, très prégnante dans le Sud-Est. Selon des chiffres de la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, environ 70 % des logements de la métropole niçoise sont des surfaces « exiguës », ce qui complique l'installation d'équipements de santé à domicile. « Pour bien vieillir, il faut d'abord bien habiter. Le Département développe une offre de solutions intermédiaires entre le domicile traditionnel et l'établissement. Il y a aujourd'hui 26 résidences autonomie (1 781 places dont 737 habilitées à l'aide sociale). Cinq nouvelles résidences sont en cours de création, 14 habitats inclusifs sont déjà ouverts », a-t-elle détaillé.

L'intelligence artificielle, en dissociant les usages liés à la santé de ceux purement conversationnels ou génératifs, ouvre de nouvelles perspectives, selon Titouan Levard : « Pour anticiper les déviances, les situations anormales, éventuellement des hospitalisations ou des maladies dégénératives. » Il a toutefois pointé les freins, notamment le coût des nouvelles solutions et la nécessité pour les entreprises privées de prouver, dans un délai trop long, qu'un investissement initial plus conséquent peut s'avérer payant, générant une baisse du coût global et un bond en avant en termes de prise en charge.

Une question sociétale qui mobilise tous les acteurs

Floriane Debono a insisté sur la dimension transversale du vieillissement : « Les enjeux du vieillissement ne relèvent plus exclusivement du champ médico-social. C'est une question sociétale qui mobilise les collectivités, les entreprises, les acteurs de la santé, de l'habitat, de l'urbanisme, du maintien à domicile, du numérique et les solidarités de proximité. »

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Titouan Levard a également abordé la défiance des pouvoirs publics envers les acteurs privés. « Les entreprises doivent encore prouver, pour quelques centimes par jour et par bénéficiaire, qu'il y a un réel gain à la fin. Ça met du temps, je pense qu'une expérimentation est nécessaire pour résoudre cette problématique. La transition démographique bouleverse tous les pans de l'économie. On défend que le statut ne fait pas forcément la vertu. Quand une solution démontre qu'elle a un impact, tant mieux, même si elle émane du privé. Si elle améliore le cadre de vie du senior, c'est là l'essentiel. C'est presque un enjeu de santé publique pour arriver à améliorer la prise en charge. »