Les affrontements entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz ont finalement cessé ce week-end, après près de deux semaines de bombardements intensifs, malgré un accord de paix signé à la mi-juin. Selon des informations croisées de la presse américaine, cette trêve s'explique par une crainte majeure côté américain : l'épuisement des stocks de missiles, déjà très limités.
Un président alerté sur les capacités militaires
Le mercredi 22 juillet, Donald Trump avait promis que « les États-Unis bombarderont et détruiront un pont ou une centrale électrique, y compris ceux situés à proximité ou à l'intérieur de la capitale, Téhéran » à chaque fois que l'Iran frapperait « un navire dans le détroit d'Ormuz ». Mais son entourage l'a rapidement alerté sur les capacités matérielles de l'armée américaine. D'après le New York Times, l'arrêt des combats serait directement lié à une réunion de crise tenue ce vendredi, en présence des principaux conseillers du président et de son administration. Au cœur des discussions : l'inventaire déclinant des missiles intercepteurs Patriot et des autres systèmes de défense antiaérienne américains dans la région.
Des stocks de missiles au centre des débats
Tout au long de ce conflit, les troupes américaines ont puisé dans les réserves de ces armes très coûteuses. Le quotidien américain précise qu'au total, plus de 1 200 intercepteurs Patriot, à plus de 4 millions de dollars l'unité, ont déjà été utilisés depuis le début du conflit. En privé, le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, aurait à nouveau alerté Donald Trump : une nouvelle offensive d'ampleur contre Téhéran est techniquement possible, mais elle risquerait d'entamer encore davantage ces stocks de munitions nécessaires pour faire face aux représailles iraniennes. Ce pari est d'autant plus dangereux que les missiles Patriot sont déjà fortement sollicités dans cette nouvelle phase du conflit. Le vendredi 17 juillet, deux soldats américains en Jordanie ont été tués par un missile balistique qui a réussi à franchir les défenses aériennes américaines, alors occupées à repousser une salve de missiles et de drones iraniens.
Interrogé par le Wall Street Journal, Donald Trump a nié toute difficulté concernant le stock du Pentagone. « Nous disposons de bien plus de munitions que n'importe qui d'autre dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin », a-t-il assuré.
Des voix pour l'apaisement au sein de l'administration
De son côté, le vice-président J.D. Vance, partisan notoire de la doctrine isolationniste « America First », aurait lui aussi conseillé à Donald Trump d'opter pour la désescalade. Le numéro deux des États-Unis aurait souligné qu'une reprise intense du conflit ne pourrait qu'impacter négativement l'économie. Un scénario particulièrement risqué à l'approche des élections de mi-mandat, alors que le pouvoir d'achat se hisse parmi les principales priorités des électeurs. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, aurait aussi plaidé pour la prudence, rapporte le New York Times. L'envoyé spécial des États-Unis pour la paix aurait appelé à maintenir la pression économique et les négociations sur la durée, plutôt que de reprendre les armes.
Une accalmie sans négociations officielles
Malgré l'accalmie observée depuis ce week-end et la série d'avertissements lancés au président, aucune information officielle n'a été communiquée quant à la tenue d'éventuels pourparlers entre Washington et Téhéran. Vendredi, Donald Trump a néanmoins laissé entendre que la voie diplomatique était de nouveau envisageable et que les responsables américains étaient en contact avec l'Iran. « La stratégie plus intelligente consiste à conclure un accord. Et ils veulent conclure un accord », a déclaré le milliardaire devant un parterre de journalistes. Toutefois, fidèle à son langage belliqueux, le président n'a pas manqué de souligner qu'il n'avait pas totalement abandonné la possibilité de reprendre les affrontements. « Il y a une solution militaire qui consiste simplement à continuer sur notre lancée, voire à intensifier nos efforts, ce qui anéantirait tout ce dont ils disposent », a-t-il martelé, assurant qu'Israël était prêt à se joindre à une nouvelle offensive américaine en l'espace de quelques minutes. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est d'ailleurs attendu à la Maison-Blanche mardi.
Un cessez-le-feu rejeté par Téhéran
Malgré ces déclarations, Washington aurait demandé vendredi un cessez-le-feu par l'intermédiaire du premier ministre irakien, rejeté par Téhéran. Le lendemain, le directeur de la communication de la Maison-Blanche est revenu à la charge, indiquant que le président américain « privilégiait une solution diplomatique, mais se réservait toutes les options si l'Iran poursuivait ses activités terroristes dans le détroit d'Ormuz ou contre ses alliés dans le Golfe ». Pour l'heure, le Pentagone continue d'acheminer des renforts vers la région, et le blocus naval des ports iraniens reste en vigueur.



