Capitou Nord : deux pôles économiques en projet (défense et santé)
Capitou Nord : deux pôles économiques en projet

Deux nouveaux pôles économiques dans le secteur du Capitou Nord

Le secteur du Capitou Nord, à Fréjus, s'apprête à accueillir deux nouvelles zones d'activités économiques, distantes de moins d'un kilomètre. L'agglomération Estérel Côte d'Azur porte ces projets qui en sont actuellement au stade des études environnementales. D'un côté, le "Pôle Safari", dédié à la santé et au tertiaire ; de l'autre, une zone industrielle tournée vers les applications militaires et la défense, dans le secteur du Bonfin.

Une justification par l'intérêt public majeur

Pour justifier ces opérations auprès des autorités environnementales, l'agglomération invoque une raison impérative d'intérêt public majeur. Elle met en avant le manque de foncier économique disponible et les plus de 90 demandes d'implantation d'entreprises chaque année, représentant un potentiel de 600 emplois annuels. Actuellement, les zones d'activités de l'agglomération totalisent environ 350 hectares, soit seulement 1 % du territoire communautaire. Le secteur du Capitou concentre déjà plus de 2 000 emplois et quelque 455 établissements actifs.

Le Pôle Safari : un projet sur les anciens terrains du zoo

Le premier projet, appelé Pôle Safari, est implanté sur les anciens terrains du Safari de l'Estérel, fermé depuis plusieurs années. Il fait l'objet d'une procédure environnementale en raison de la présence d'espèces protégées. Selon les documents soumis à consultation publique par la Dreal en mars dernier, le futur parc d'activités doit s'étendre sur environ 2,5 hectares aménagés au sein d'une unité foncière de près de 7 hectares. Le projet prévoit six lots destinés à des activités tertiaires, artisanales et industrielles, avec une orientation vers les filières "santé et bien-être" ainsi que "sport et outdoor". L'agglomération souhaite éviter les commerces du quotidien ou les activités logistiques pour limiter les flux de circulation et compléter l'offre existante. Une voirie interne avec giratoire, des ouvrages de gestion des eaux pluviales et des aménagements de lutte contre les incendies sont également programmés.

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Des espèces protégées ont été recensées sur le site, comme la Tortue d'Hermann, le Minioptère de Schreibers et plusieurs espèces végétales rares, dont l'Isoète de Durieu. Face à ces enjeux, le projet a été comprimé et les aménagements concentrés sur les secteurs les moins sensibles écologiquement. Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rendu un avis favorable assorti de réserves, notamment l'augmentation des surfaces de compensation écologique et leur protection dans la durée.

Une zone dédiée à la défense au Bonfin

À moins d'un kilomètre du Pôle Safari, un second projet est à l'étude dans le secteur du Gonfaron, cette fois orienté vers les industries militaires et de la défense. Le dossier, déposé en novembre dernier par Estérel Côte d'Azur Agglomération, prévoit l'aménagement d'une zone industrielle d'environ quatre hectares comprenant six à sept lots, des bâtiments de faible hauteur, une voie principale de desserte, des aménagements paysagers et des ouvrages de gestion des eaux pluviales. Le projet nécessite la démolition de plusieurs bâtiments existants. L'agglomération explique vouloir "réorganiser et redynamiser" le nord du Capitou tout en développant une filière économique déjà présente sur le territoire fréjusien, historiquement marqué par la présence militaire. Le futur parc est présenté comme peu générateur de trafic, sans activité commerciale importante prévue.

Contrairement au Pôle Safari, le projet du Bonfin devra passer par une évaluation environnementale complète. Dans un arrêté du 23 décembre dernier, le préfet a estimé que l'importance des aménagements projetés — environ 40 000 m² de surface de plancher sur un terrain de 7,4 hectares — justifie une étude approfondie de leurs impacts.

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Le Capitou poursuit sa transformation

Depuis 1963, le secteur du Capitou s'est imposé comme le principal poumon économique de l'Est-Var. Après les 20 hectares du Capitou Sud, le Pôle d'excellence Jean-Louis (8 hectares) a vu le jour en 2008, puis le Pôle BTP (17,5 hectares) en 2010, et le Pôle Production (20 hectares) ainsi que le Pôle Mixte (3 hectares) en 2014. Reste désormais à franchir les différentes étapes administratives et environnementales avant de voir sortir de terre ces deux nouveaux pôles économiques.