L'Islande a ordonné l'expulsion de 21 militants antichasse à la baleine, membres de la fondation du célèbre écologiste Paul Watson. La décision a été annoncée ce mardi 5 août 2026, selon les autorités islandaises. Les militants, qui étaient arrivés dans le pays pour protester contre la reprise de la chasse à la baleine, ont été priés de quitter le territoire sous 24 heures.
Une décision ferme des autorités islandaises
Le ministère de la Justice islandais a justifié cette mesure en invoquant "un risque pour l'ordre public et la sécurité nationale". Les 21 militants, membres de la fondation Captain Paul Watson, étaient présents en Islande depuis plusieurs semaines pour mener des actions de protestation contre la chasse à la baleine, qui a repris dans le pays en juin dernier après une pause de deux ans.
Selon les autorités, les militants auraient tenté d'entraver les activités des baleiniers, notamment en s'approchant dangereusement des navires en mer. "Nous ne pouvons pas tolérer des actions qui mettent en danger la vie humaine ou qui perturbent gravement l'ordre public", a déclaré un porte-parole du ministère.
La fondation Paul Watson dénonce une décision politique
La fondation Captain Paul Watson a vivement réagi, dénonçant une décision "politique" visant à faire taire les opposants à la chasse à la baleine. Dans un communiqué, l'organisation a rappelé que la chasse à la baleine est une pratique cruelle et dépassée, et que l'Islande est l'un des trois pays au monde, avec la Norvège et le Japon, à continuer cette activité.
"Cette expulsion est un acte de censure. Le gouvernement islandais préfère expulser des militants pacifiques plutôt que de débattre de la légitimité de la chasse à la baleine", a déclaré un porte-parole de la fondation. Les militants expulsés devraient être rapatriés vers leurs pays d'origine, principalement les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
Un contexte tendu entre écologistes et baleiniers
Cette expulsion intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les écologistes et les baleiniers islandais. En juin dernier, le gouvernement islandais avait autorisé la reprise de la chasse à la baleine pour une durée de cinq ans, avec un quota de 209 rorquals communs par an. Cette décision avait été critiquée par de nombreuses organisations de protection des animaux, mais aussi par certains membres du gouvernement islandais, qui y voient une atteinte à l'image du pays.
Paul Watson, fondateur de l'organisation Sea Shepherd, est connu pour ses méthodes radicales contre la chasse à la baleine. Il a été arrêté à plusieurs reprises, notamment au Groenland en 2024, où il risquait l'extradition vers le Japon. Sa fondation, qui porte son nom, poursuit ses actions de protestation à travers le monde.
Quelles conséquences pour la chasse à la baleine ?
L'expulsion des militants ne devrait pas avoir d'impact immédiat sur la chasse à la baleine en Islande, mais elle pourrait renforcer la mobilisation des écologistes. Plusieurs ONG ont déjà appelé à des actions de boycott contre les produits islandais, notamment le tourisme. Selon un sondage récent, une majorité d'Islandais (60%) se disent opposés à la chasse à la baleine, mais le gouvernement justifie cette activité par des raisons économiques et culturelles.
La fondation Paul Watson a annoncé qu'elle allait contester cette décision devant les tribunaux islandais, mais aussi devant la Cour européenne des droits de l'homme. "Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous continuerons à lutter pour la protection des baleines, où que nous soyons", a conclu le porte-parole.



