La candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, a vivement réagi jeudi aux propos de Jean-Luc Mélenchon (LFI) sur la guerre en Ukraine. Dans un message publié sur X, elle a dénoncé un « faux pacifisme indécent » et rappelé le droit de l'Ukraine à se défendre. Cette passe d'armes intervient alors que les fractures à gauche se creusent à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
Une réponse cinglante sur les réseaux sociaux
Mercredi, lors d'une conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon a estimé qu'il fallait « peut-être se demander » si l'intensification de la menace russe en Europe n'était pas liée aux « tirs en profondeur que fait l'Ukraine » sur le territoire russe. Une déclaration qui a immédiatement suscité la réaction de la patronne des Écologistes.
« Se réfugier derrière un faux pacifisme qui renvoie dos à dos l'agressé et l'agresseur est indécent. A fortiori quand la Russie escalade en Europe, en multipliant les attaques contre nos sociétés, avec ses drones, ses cyberattaques et ses ingérences », a écrit Marine Tondelier sur X. Elle a également rappelé que « l'Ukraine est une démocratie agressée depuis 2014 » et que « la Russie de Poutine a tué ou blessé plus de 600 000 Ukrainiens depuis 2022, dont énormément de civils ».
Le droit de l'Ukraine à se défendre
La candidate écologiste a insisté sur la légitimité de la défense ukrainienne : « Face au risque de destruction ou d'asservissement, l'Ukraine a le droit de se défendre. Nous avons le devoir de l'aider. Les frappes ukrainiennes en profondeur ne visent pas des civils, elles visent la machine de guerre et la rente pétrolière qui financent l'envoi de missiles sur Kiev. La Russie, elle, frappe des centres commerciaux en pleine journée (entre autres) avec l'intention manifeste et assumée de tuer des civils. »
Elle a conclu son message par un appel à la responsabilité collective : « Soyons collectivement à la hauteur. Et arrêtons de trouver des excuses à l'agresseur, qui n'attend que ça et observe de près les prises de position des différents candidats à la présidentielle française, dont on sait qu'elle sera déterminante sur le sujet. »
Des divergences qui persistent à gauche
Jean-Luc Mélenchon avait justifié sa position en ces termes : « Ce n'est pas pour excuser la Russie puisque dès qu'on dit une parole de bon sens et de raison, on se voit accuser d'être des déserteurs du combat. Mais tout de même, qui peut imaginer qu'un pays laisse sa propre capitale être attaquée et n'apporte aucune réponse à une situation pareille ? Ça n'existe pas. Même si la Russie est l'envahisseur de l'Ukraine. »
Pour l'élection présidentielle de 2027, les Insoumis, dont le candidat est largement en tête des sondages à gauche et parfois même donné aux portes du second tour, espèrent compter sur le soutien des Écologistes. Mais ces derniers présentent pour l'instant la candidature de Marine Tondelier. Malgré leurs convergences sur de nombreux sujets, ils pointent des divergences, notamment sur les questions internationales comme l'Ukraine, sujet sur lequel LFI est régulièrement accusée de complaisance avec le régime de Vladimir Poutine.