Léa Vicens : « Je suis toujours en quête de ma faena rêvée à Nîmes »
Léa Vicens, figure emblématique du rejon, s'apprête à fouler le sable des arènes de Nîmes pour la vingtième fois de sa carrière. Ce lundi matin, lors de la corrida à cheval de la feria, elle espère décrocher une septième Porte des Consuls et offrir le meilleur de son art. Dans un entretien, elle revient sur sa saison 2025, ses doutes et ses ambitions.
Une saison 2025 riche en triomphes
« C’est une très belle temporada, confie-t-elle. J’ai obtenu de nombreux triomphes en France et en Espagne. Ma présentation à Pampelune a eu un bel écho et j’ai coupé une nouvelle oreille à Madrid. Ma plus grande satisfaction personnelle est d’avoir ouvert les grandes portes dans toutes les arènes du Sud-Est : Nîmes, Arles, Béziers, Méjanes et Lunel. »
Des difficultés surmontées
Malgré ces succès, Léa Vicens a connu des moments difficiles, notamment à Arles, Castellon et Valencia, où elle n'a pas obtenu d'oreille. « C’est une conjonction de deux facteurs, explique-t-elle. J’ai manqué de chance au sorteo avec des toros extrêmement difficiles. Cela m’a affecté moralement, d’autant que je traversais une période personnelle compliquée. Les artistes donnent toujours le maximum, mais on reste des êtres humains. À Arles, les planètes n’étaient pas alignées. »
Des problèmes physiques ont également perturbé sa préparation. « Je me réveille tous les matins avec des douleurs. J’avais une grosse lésion dorsale qui m’a perturbé et créé une appréciation. Heureusement, ce souci est quasiment résolu. »
Un retour triomphal à Séville
Son succès à Séville a eu une saveur particulière. « Après six ans d’absence, je suis revenue avec une meilleure préparation, plus d’expérience et de capacité à résoudre les problèmes posés par les toros. Les critiques ont été unanimes. Si je n’ai pas ouvert la Porte du Prince, cela reste un triomphe personnel. Séville a été un électrochoc : je m’étais un peu perdue et m’y suis retrouvée. Depuis, la confiance est de retour. »
Nîmes, une arène à part
Avec six portes des consuls et 38 oreilles coupées en 19 paseos, Léa Vicens entretient une relation unique avec Nîmes. « L’ovation reçue au paseo est indescriptible. Cela m’émeut fortement, avec ce sentiment de revenir à la maison. Je suis la « niña » de Nîmes. Mais c’est aussi une grande responsabilité : je ne veux pas décevoir mon public. »
Interrogée sur sa faena rêvée, elle avoue : « Nîmes est une arène particulière pour le rejon, avec sa piste ovale. Il est difficile de conserver cadence et temple lors des galops sur le côté. Je reste en quête de ma faena rêvée, comme j’ai pu en réaliser à Madrid, Pampelune, Cordoue, Malaga, Bayonne ou Béziers. Espérons que ce sera pour cette année. Il faut que je parvienne à être moi-même, sans chercher à séduire. »
Madrid, une légitimité
Après Nîmes, Léa Vicens se rendra à Madrid. « Las Ventas peut tout te donner ou tout t’enlever. Cette arène te met à ta juste place. Je dois beaucoup à Madrid : deux grandes portes et des oreilles coupées à quasiment chacun de mes huit paseos. Las Ventas m’a apporté la reconnaissance de l’aficion et des professionnels, une légitimité. »
Objectifs et nouveaux chevaux
Bien qu’ayant été numéro un de l’escalafon de 2017 à 2020, elle relativise : « Être en tête cette saison est devenu accessoire. Je suis plus dans la recherche du contenu et des qualités de mes faenas. »
Pour préparer l’avenir, elle a développé trois nouveaux chevaux. « Pistache est un Lusitanien qui a beaucoup de toreria, de courage et de temple. Panthère, qui a débuté depuis un an, devrait s’imposer comme le successeur de Betico. Joker, présenté à Madrid en 2025, est une future vedette du rejon. »



