Ce mardi 4 août, à 22h30 sur Action, « Total Recall » de Paul Verhoeven s'impose comme une œuvre incontournable de la science-fiction, où la star Arnold Schwarzenegger est poussée jusqu'à l'absurde. Ce classique paranoïaque, adapté librement de Philip K. Dick, explore les méandres de la mémoire et de l'identité à travers un récit aussi spectaculaire qu'ambigu.
Un sommet dans la carrière de Schwarzenegger
Arnold Schwarzenegger, figure emblématique de l'Amérique de Ronald Reagan, a atteint l'apogée de sa gloire sous le mandat de George Bush père, à la fin des années 1980 et au début des années 1990. « Total Recall », tourné en 1990, constitue l'un des sommets de cette période faste. Dans cette adaptation très libre du maître de la SF Philip K. Dick, un ouvrier ordinaire, dont les nuits sont hantées par un rêve récurrent – celui d'incarner un agent secret sur une planète Mars colonisée –, découvre que sa véritable mémoire lui a été arrachée. Ce fameux rêve n'était que l'écho d'une réalité effacée, remplacée par une conscience de citoyen inoffensif.
Le film remonte alors le fil de cette légende, juxtaposant la carcasse hypertrophiée de Schwarzenegger à l'aura et à l'arsenal d'un héros à sa mesure. Verhoeven, avec son style incisif, dynamite le mythe de l'acteur en le transformant en justicier de plastique, tout en maintenant une ironie constante. L'ambiguïté demeure jusqu'au bout : ce héros n'est-il qu'un fantasme déconnecté de toute réalité ?
Une mise en scène spectaculaire et paranoïaque
Le film, qui dure 1h49, marie avec brio l'action frénétique et la réflexion philosophique. Verhoeven, connu pour son goût de la provocation, utilise les codes du blockbuster pour mieux les subvertir. La question de la réalité et de l'identité est au cœur du récit, inspirée des thèmes chers à Philip K. Dick, comme la manipulation mentale et les faux souvenirs. Les effets spéciaux, impressionnants pour l'époque, contribuent à créer une atmosphère oppressante, où chaque image peut être un mensonge.
Le casting, avec Arnold Schwarzenegger et Sharon Stone, apporte une dimension supplémentaire. Stone, dans un rôle pré-« Basic Instinct », incarne une femme à la fois séduisante et dangereuse, tandis que Schwarzenegger, dans un registre plus nuancé que d'habitude, montre une vulnérabilité inattendue. Leur duo électrise le film, qui reste un des plus marquants de la carrière de l'acteur autrichien.
Un classique toujours pertinent
Plus de trente ans après sa sortie, « Total Recall » n'a pas pris une ride. Sa réflexion sur la mémoire et la réalité résonne encore plus fort à l'ère des fake news et des deepfakes. Le film interroge notre rapport à la vérité, tout en offrant un spectacle haletant. Les scènes d'action, comme celle du métro aérien ou de l'ascenseur spatial, sont devenues cultes, et le personnage de Richter, joué par Michael Ironside, reste un méchant mémorable.
Verhoeven, avec ce film, prouve qu'il est possible de concilier divertissement et profondeur. Il signe une œuvre qui, tout en célébrant la puissance de sa star, la sape subtilement, créant un décalage ironique qui fait toute la richesse du film. « Total Recall » est donc bien plus qu'un simple film d'action : c'est une réflexion sur l'identité, la mémoire et la manipulation, portée par une mise en scène virtuose.
Ne manquez pas cette diffusion exceptionnelle, ce mardi 4 août à 22h30 sur Action. Une occasion de redécouvrir ou de découvrir ce classique de la science-fiction, qui continue de fasciner et d'interroger.



