Antibes : les plaques commémoratives, trésors cachés de la ville
Antibes : les plaques commémoratives, trésors cachés

Sur les murs d’Antibes, plus de cent plaques commémoratives racontent des destins individuels et des épisodes marquants de la cité. Les frères Pierre et Jacques Magherini, créateurs du site Antibeshistorique.fr, en ont déjà répertorié plus de quatre-vingt-cinq. Marbre, pierre ou bronze, ces inscriptions discrètes sont souvent passées inaperçues aux yeux des passants.

« On se promène en ville et quand on en repère une, on la prend en photo », raconte Jacques Magherini. Une fois la photographie prise, commence un long travail de vérification. Les deux frères consultent les archives municipales, les sites de généalogie et les livres d’histoire locale pour retracer l’origine de chaque plaque. « Certaines indiquent des dons de famille, d’autres sont des plaques d’architectes, leur don sur un immeuble pour dire qu’ils ont fait des plans », précise-t-il.

Une passion au service de la mémoire locale

Pour les deux frères, cet inventaire dépasse la simple collecte. « Je trouve qu’on n’accorde pas assez, personnellement, d’importance à l’histoire dans la cité. Je dis toujours que la ville existe car elle a une histoire », confie Jacques Magherini. La chasse aux plaques n’est d’ailleurs pas terminée. « Une dame m’a téléphoné et m’a donné deux plaques que je n’avais pas mises sur le site », ajoute-t-il, preuve que la collaboration des habitants enrichit encore le recensement.

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Voici une sélection de cinq plaques à observer lors d’une promenade dans Antibes et à Juan-les-Pins.

La plaque des victimes de l’Atlantique

Près de la Porte marine, une plaque discrète se fond dans le paysage. Elle rend hommage aux cinq victimes d’un accident d’hydravion survenu le 19 mai 1937. Ce jour-là, l’appareil effectuait son deuxième vol, après une première sortie sans difficulté. « Lancé depuis l’anse Saint-Roch, au moment de décoller, l’appareil fut déséquilibré et piqua du nez, l’aile s’enfonça dans l’eau et les moteurs calèrent », décrivent Pierre et Jacques Magherini sur Antibeshistorique.fr. Le pilote et quatre passagers ont perdu la vie dans cette catastrophe.

Le souvenir du maréchal Masséna

Au 21, cours Massena, une plaque est apposée sur l’ancienne propriété d’André Massena. « Célèbre maréchal de Napoléon, il a vécu un certain temps à Antibes, avant que la gloire ne l’attende sur les champs de bataille de toute l’Europe. » Le militaire a résidé dans cette demeure avec son épouse, Marie-Rosalie Lamarre. Ce vestige rappelle l’attachement de la cité à une figure de l’épopée napoléonienne.

L’étonnant destin de l’abbé Robert Stahl

À l’angle de l’avenue Niquet et du boulevard Foch, une plaque relate en quelques phrases l’histoire de l’abbé Robert Stahl, vicaire à Antibes pendant trente ans. « C’est un monsieur qui a eu une vie assez extraordinaire. Il a fait des études de droit, il était avocat puis il est devenu prêtre. Il a sauvé plein d’enfants juifs pendant la guerre en les transportant lui-même dans sa voiture pour les emmener dans des communautés religieuses où ils étaient protégés », détaille Pierre Magherini. Avant d’ajouter : « Ce sont des personnalités qu’on a oubliées et qui sont des personnes importantes. »

La ferveur populaire des Âmes du purgatoire

Dans le virage au bas du chemin des Âmes du purgatoire se trouve une plaque commémorant un événement militaire de 1536. Des Antibois ont été tués par des arquebusiers espagnols après avoir tenté de retarder l’armée qui avait envahi le pays. Pierre Magherini avoue une tendresse particulière pour cette plaque : « J’aime bien cette plaque parce qu’ils ont utilisé une plaque qu’ils avaient déjà trouvée dans un cimetière pour faire le monument. C’est vraiment une sorte de ferveur populaire. […] Ça commémore un événement, mais sans vraiment le citer. »

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Le lien musical entre Antibes et Sidney Bechet

À Juan-les-Pins, sous le buste du jazzman Sidney Bechet inauguré en 1960, une petite plaque signée par le maire de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, témoigne de l’attachement entre l’artiste et la cité. Sidney Bechet s’était marié à Antibes en 1951 et avait dédié l’un de ses succès, Dans les rues d’Antibes, à la ville qui l’accueillait chaque été.

Ces cinq exemples illustrent la richesse d’un patrimoine que les frères Magherini continuent d’enrichir. Leur site, Antibeshistorique.fr, permet de consulter l’ensemble des plaques recensées et de redonner vie à ces fragments d’histoire locale.