Le film Cotton Queen, réalisé par Suzannah Mirghani, sort en salle le 5 août. Cette œuvre, présentée comme une allégorie ouvrière et sororale, se déroule dans un village soudanais où la culture du coton est bien plus qu'une simple activité économique : elle incarne la mémoire des luttes contre les colons britanniques et un symbole de résistance culturelle.
Une héroïne entre tradition et modernité
Au cœur du récit, Nafisa, interprétée par Mihad Murtada, est une jeune femme amoureuse d'un poète indolent. Élevée par sa grand-mère, figure de l'émancipation féminine, elle travaille dans les champs de coton. Son quotidien bascule lorsqu'un industriel arrive avec un projet ambitieux : introduire des graines de coton génétiquement modifiées, bouleversant l'équilibre économique et culturel du village.
Le film, écrit et mis en scène par une réalisatrice d'origine soudanaise, ose le mélange des genres. Dans un canevas bigarré, il tisse des récits surprenants et habilement agencés, mêlant poésie, drame social et résistance. La critique de Xavier Leherpeur, publiée le 4 août 2026, souligne cette originalité.
Un contexte historique et symbolique fort
La culture du coton au Soudan n'est pas un simple décor. Elle renvoie à l'histoire coloniale du pays et aux luttes pour l'indépendance. Le film s'appuie sur cette fibre comme métaphore de la résistance, tout en intégrant les légendes ancestrales qui perdurent dans la région. La grand-mère de Nafisa, engagée pour l'affranchissement des femmes, incarne cette transmission de valeurs.
Le choix de traiter des OGM dans ce contexte est particulièrement pertinent. L'industriel représente une modernité menaçante, imposant un modèle commercial qui pourrait détruire un savoir-faire et une identité. Le film interroge ainsi les conséquences de l'agriculture intensive sur les communautés traditionnelles.
Une réalisation poétique et engagée
Suzannah Mirghani signe une œuvre qui se distingue par sa dimension poétique. Les paysages soudanais, la lumière, les gestes des travailleurs sont filmés avec une sensibilité rare. La réalisatrice réussit à concilier engagement social et esthétique, offrant un film qui touche autant par son message que par sa beauté formelle.
Le casting, mené par Mihad Murtada et Rabha Mohamed Mahmoud, apporte une justesse émotionnelle aux personnages. Leur interprétation renforce la crédibilité de cette allégorie, où chaque figure semble porter un poids symbolique.
Une sortie attendue
Cotton Queen, d'une durée de 1h35, est distribué par Strange Bird. Le film a été présenté dans plusieurs festivals avant sa sortie en salles, suscitant l'intérêt de la critique. Sa dimension universelle – la lutte des travailleurs, la place des femmes, la préservation des traditions – devrait trouver un écho auprès d'un large public.
En définitive, Cotton Queen s'impose comme une œuvre singulière, à la croisée du drame social et du conte poétique. Elle invite à réfléchir sur les enjeux contemporains de l'agriculture et sur la résilience des communautés face aux bouleversements économiques.



