La rentrée footballistique s'annonce électrique à Six-Fours (Var). Deux clubs revendiquent l'usage de la pelouse du stade Antoine-Baptiste : le Six-Fours – Le Brusc Football club, sauvé de justesse de la relégation, et l'Olympique Six-Fours – Le Brusc, tout nouveau club créé par d'anciens sponsors et éducateurs. La mairie, arbitre de la situation, semble privilégier le second, qui affirme compter environ 300 licenciés.
Le Six-Fours – Le Brusc FC sort la griffe
Dans un communiqué cinglant, le Six-Fours – Le Brusc Football club, autorisé à « évoluer dans les championnats régionaux seniors au titre de la saison 2026-2027 » après un appel in extremis, dénonce « les attaques de la part de la nouvelle municipalité aux commandes de Six-Fours ». Le club, qui incarne le football amateur local depuis plus de 68 ans, affirme aborder « la saison sportive qui vient avec détermination et volontarisme pour le succès sportif de notre club et de notre ville ».
Le président du club, qui n'a pas donné suite aux demandes d'entretien, a annoncé que son association « ne peut laisser une municipalité quelle qu'elle soit remettre en cause les bons rapports qui ont permis, avec le temps, à notre club d'être ce qu'il est ». Dès lors, le club a chargé son avocat d'engager « toutes les procédures judiciaires, administratives et pénales permettant de faire respecter ses droits ». Le conflit quitte le terrain sportif pour le terrain judiciaire.
L'Olympique Six-Fours – Le Brusc mise sur la jeunesse
En face, l'Olympique Six-Fours – Le Brusc, dont les statuts ont été signés mi-juillet, se veut « un club familial, accueillant et formateur où chaque joueur et joueuse trouvera sa place quel que soit son niveau ». Selon son président, Kilian Verolini, chef d'entreprise dans le bâtiment et les énergies renouvelables, le nouveau club a déjà attiré « l'ensemble des jeunes licenciés et pas mal d'éducateurs du Six-Fours – Le Brusc Football club », ainsi que les féminines de l'Avenir sportif de Mar Vivo à La Seyne et leurs éducateurs, soit « environ un total de 300 licenciés et une vingtaine d'éducateurs ».
Verolini précise que, hormis les féminines qui évoluent des catégories 3-4 ans à seniors, chez les hommes, « nous ne travaillerons qu'avec des jeunes, des bébés (3-4 ans) jusqu'aux 12-13 ans ». La reprise est programmée pour le premier mercredi de septembre. Le club est en attente de son affiliation à la Fédération française de football.
La mairie arbitre : le nombre de licenciés fera foi
Le maire de Six-Fours, Frédéric Boccaletti, a indiqué que « c'est le club qui compte le plus de licenciés qui aura le plus de créneaux » sur le stade Antoine-Baptiste. Il reproche au Six-Fours – Le Brusc Football club de ne pas avoir communiqué sa comptabilité ni le nombre de licenciés par catégorie. « Le Six-Fours Le Brusc Football club, dont j'attends toujours la communication de sa comptabilité, m'a demandé des créneaux sans m'indiquer combien il compte de licenciés par catégorie. Il faut être logique », a-t-il déclaré.
Le maire, qui n'a eu de cesse de dénoncer le « manque de transparence, l'endettement abyssal et la gestion financière opaque » du Six-Fours – Le Brusc Football club, a par ailleurs écrit à la direction nationale du contrôle de gestion des clubs (CRCC) pour dénoncer sa réintégration en Régionale 1, en rappelant « les constats particulièrement édifiants relevés par la direction régionale ». Il a également coupé les subventions municipales et adressé un signalement au procureur de la République de Toulon.
Un conflit aux multiples rebondissements
Ce conflit s'inscrit dans un contexte déjà tendu. Le Six-Fours – Le Brusc Football club avait été relégué en division inférieure par la commission de contrôle des clubs, avant d'être sauvé en appel. La municipalité, qui semble soutenir le nouveau club, pourrait bien donner la priorité à l'Olympique Six-Fours – Le Brusc pour l'utilisation du stade. Une décision qui pourrait sonner le glas du club historique, qui se retrouve dans une situation délicate.
En attendant, les jeunes joueurs semblent avoir trouvé un nouveau point de chute, ce qui était l'objectif affiché du nouveau club. Le match se joue désormais sur le terrain judiciaire, où chaque camp entend faire valoir ses droits.



