Tant qu’il y aura des brebis : la tonte devient un art à Grandrieu
La tonte des brebis devient un art à Grandrieu

Vendredi 2 octobre, la salle des fêtes de Grandrieu a accueilli le spectacle Tant qu’il y aura des brebis, présenté par la Cie la Dernière baleine, basée à Saint-Étienne. Les deux acteurs, Maybie et Arthur, y jouent une fantaisie documentaire construite à partir de témoignages de tondeurs et tondeuses de moutons. Le public a découvert un art singulier où la technique devient une véritable chorégraphie.

Un spectacle né de rencontres avec les tondeurs

Maybie et Arthur ont mené un travail de collecte auprès de professionnels de la tonte. Ils ont recueilli des récits, des gestes, des habitudes, puis les ont transposés sur scène. Le spectacle raconte avec simplicité comment on tond une brebis, sans folklore artificiel ni nostalgie, mais avec un regard documentaire et poétique.

Carole, qui joue Maybie, est elle-même tondeuse de petits troupeaux. Elle intervient chez des particuliers possédant peu d’animaux. Le travail est parfois difficile car les moutons sont un peu sauvages. Elle a suivi une formation pour apprendre des gestes qui réduisent la fatigue. Arthur, de son côté, est un tondeur plus professionnel : certains jours, il peut tondre jusqu’à deux cents brebis. Pour lui, la tonte est aussi un prétexte pour partir, rencontrer des gens et les retrouver chaque année.

La tonte comme une danse

Sur scène, les gestes techniques de la tonte sont mimés avec un rythme parfait. Une passe, c’est un geste précis : le tondeur fait passer sa machine dans la laine, le long du corps de l’animal, puis enchaîne d’une brebis à l’autre en répétant une série de mouvements identiques. Maybie et Arthur transforment cette mécanique en art, en danse. Ils deviennent tour à tour chanteurs, acrobates et danseurs.

Arthur joue de l’accordéon et tous deux chantent des paroles venues d’un ailleurs si proche, sans oublier de s’inclure dans cette aventure. Le spectacle évoque le pastoralisme avec authenticité, loin des clichés. Avant de quitter la scène, les deux artistes ont félicité le public, les bénévoles et l’association Tête de Block qui les a accueillis chaleureusement.

Un hommage aux gestes et aux gens

Ce spectacle est une célébration du travail des tondeurs, souvent méconnu. En donnant à voir la précision de leurs gestes, Maybie et Arthur rendent hommage à un métier indispensable à l’élevage ovin. Ils montrent aussi la dimension humaine de cette activité, faite de rencontres et de fidélité entre les tondeurs et les éleveurs.

La représentation de Grandrieu a été un moment de partage, salué par les spectateurs locaux. La Cie la Dernière baleine poursuit ainsi son travail de création documentaire, mêlant témoignages, musique et mouvement. Le spectacle Tant qu’il y aura des brebis offre une vision sensible et vivante d’un savoir-faire rural, porté par deux artistes engagés dans leur art.