La poète et essayiste canadienne Anne Carson, lauréate du prix Nobel de littérature 2026, s'est exprimée à plusieurs reprises sur son travail dans des entretiens accordés ces dernières années. Ses réflexions offrent un éclairage sur sa méthode d'écriture et sa perception de la publication.
La publication, un « non-événement » selon Anne Carson
Dans un entretien accordé à The White Review en juin 2017, Anne Carson a décrit la publication d'un livre comme « une sorte de non-événement ». Elle a expliqué que cet acte « n'a lieu nulle part dans l'espace ni dans le temps – aucun endroit qu'on puisse saisir ou habiter ». Pour elle, envoyer le livre à ses amis par la poste est « charmant, mais imaginaire ». Elle a également noté que les critiques « arrivent au compte-gouttes, ou n'arrivent pas », et qu'à ce moment-là, elle est « déjà en train d'écrire la chose suivante ».
L'influence des lieux de l'enfance sur son écriture
Interrogée sur les sources de son inspiration, Anne Carson a révélé que celle-ci « vient de l'endroit où je me trouve, quel qu'il soit ». Cependant, elle a précisé que « le prisme qui ne me quitte pas et par lequel j'enregistre les perceptions vient des lieux où j'ai vécu enfant ». Elle recherche ainsi « ces sortes de lumières, de rochers, d'odeurs, d'humeurs » qui ont marqué son enfance, et dont l'addition pourrait former la base de son univers littéraire.
Ces déclarations, recueillies par Didier Jacob pour BibliObs et publiées le 8 octobre 2026, témoignent de la vision singulière de l'autrice primée. Elles montrent une écrivaine qui, malgré la reconnaissance internationale, reste attachée à son processus intime de création, loin des attentes du monde éditorial.