Trois salariés du quartier du Millénaire à Montpellier ont fait des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) leur principal moyen de transport pour se rendre au travail. Allan, 35 ans, vient de Castries en trottinette électrique ; Maxime, 43 ans, de Juvignac en gyroroue ; et Thomas, 38 ans, de Vergèze en skateboard électrique, après un trajet en train. Leur choix combine économie, fiabilité et plaisir, tout en respectant scrupuleusement les règles de sécurité.
Des trajets quotidiens repensés avec des EDPM électriques
Allan, ingénieur en risques d'inondations, parcourt 12 kilomètres chaque matin entre Castries et le Millénaire, soit 24 kilomètres par jour, en trottinette électrique. Il met environ trente minutes, quel que soit le trafic, contre parfois quarante-cinq minutes en voiture en période chargée. « Quand, en voiture, tu peux mettre quarante-cinq minutes lorsque c'est compliqué, un moment, tu cherches un autre moyen de locomotion, je n'avais plus envie de faire ce trajet au quotidien en voiture et je voulais une durée de trajet fixe », explique-t-il. Séduit par l'exemple d'un collègue, il a adopté la trottinette il y a six ans. Son engin, acheté 630 €, lui permet même d'aller à la plage à Carnon ou de faire un détour par le centre-ville grâce à l'autonomie de la batterie.
Maxime, développeur de logiciels, habite Nébian, près de Clermont-l'Hérault. Lassé des bouchons sur l'A750, des rétrécissements de voies et des sens uniques en ville, il a un jour mis 1 h 35 pour rejoindre son travail. « Du coup, on enrage alors plutôt que d'enrager, j'ai cherché un moyen de transport facile à mettre dans le coffre », raconte-t-il. Aujourd'hui, il traverse Montpellier en trente minutes en gyroroue, contre vingt-cinq minutes en voiture. Sa monoroue, achetée 2 000 €, l'accompagne depuis six ans. « J'ai fait plusieurs milliers de kilomètres, elle est largement rentabilisée », assure-t-il, ajoutant qu'il peut s'arrêter facilement pour une course ou admirer les décorations de Noël, ce qu'il ne ferait pas en voiture. « Il y a un côté ludique, j'ai l'impression de faire du ski en ville », sourit-il.
Le skateboard électrique, complément du train pour Thomas
Thomas, qui habite Calvisson, prend le train à Vergèze pour rejoindre la gare Saint-Roch de Montpellier, puis utilise un skateboard électrique pour terminer son trajet. En 2018, après le vol de sa voiture, il a décidé de ne pas en racheter. Il a d'abord essayé le vélo et la trottinette, mais rien n'était pratique à transporter dans le train. « J'ai cherché un truc assez cool pour se déplacer, s'asseoir sur un siège et qu'on peut mettre entre tes jambes », explique-t-il. Depuis 2022, il a trouvé la solution avec un skate électrique. Son premier modèle, à 2 800 €, a parcouru 6 000 km avant de rendre l'âme, et il a investi dans un second sans hésiter. « Et moi j'ai l'impression de faire du surf en ville ! », lance-t-il, en écho à Maxime.
Une sécurité renforcée et une cohabitation apaisée
Les trois utilisateurs ne négligent pas la sécurité : casque obligatoire (intégral pour Allan et Maxime), gants et gilets clignotants. Ils soignent aussi ce qu'ils appellent le « délit de faciès » dans le regard des piétons et des autres usagers de la route, en adaptant leur vitesse, en mettant pied à terre si nécessaire et en ralentissant. Leur maître-mot : « l'anticipation ! On sait qu'on est fragile », insistent-ils, en privilégiant les pistes cyclables autant que possible.