Au Castellet, les pilotes de Formule 1 Isack Hadjar et Esteban Ocon ont assuré le spectacle sur la piste du Grand Prix de France Historique. Pris d’assaut par les fans de F1 vintage, le circuit Paul-Ricard a accueilli ses deux premières têtes d’affiche. Pierre Gasly prendra le relais ce dimanche pour clôturer la fête nationale du sport auto.
La mélodie du bonheur
Dans un paddock déjà presque plein à craquer, à 9 heures du matin, le mercure monte en flèche lorsque le coéquipier de Max Verstappen apparaît sous le barnum Red Bull où l’attend la RB7 avec laquelle Sebastian Vettel avait coiffé la deuxième de ses quatre couronnes suprêmes en 2011 (11 victoires). Oubliée la double déconvenue du week-end précédent au GP de Miami où celui-ci s’est fait rétrograder en fond de grille pour une infraction technique lors des qualifications avant de briser sa suspension avant gauche sur le mur intérieur du virage 14 dans le 5e tour. Star à domicile, Hadjar arbore un sourire taille banane au moment de fendre la foule derrière un cordon de sécurité digne d’un chef d’État en direction du box verrouillé à double tour, point de départ du Red Bull Racing Show. « Oh, même pour shooter Di Caprio au festival de Cannes, on n’en bave pas autant », s’exclame Luc, notre confrère chasseur d’images, en pole position dans la mêlée.
La série de quatre « hot laps » permet au public d’apprécier la mélodie du bonheur distillée par le moteur Renault V8 atmosphérique, strident témoignage d’une époque révolue. Le temps de référence ? 1’51’’665 pour boucler les 5,8 km du tracé F1. Pas mal, mais peut mieux faire… « Je me suis régalé », lâchera un peu plus tard la tête d’affiche au micro de Canal +. « J’ai pu pousser. Ça freine fort, c’est léger et quel bruit ! Un vrai kif. »
Comme deux petits diables
Le second temps fort du jour le plus long marque l’entrée en scène d’Esteban Ocon. À 14 heures, le pilote Haas enfile lui aussi son habit de lumière pour intégrer la parade intemporelle « Fast and famous », réunissant une douzaine de Formule 1 d’hier et d’avant-hier, dans le baquet d’une Ferrari plus âgée que lui : la 412 T2 victorieuse du Grand Prix du Canada 1995 entre les mains expertes d’un certain Jean Alesi. Top départ ! Une fois la McLaren MP4/3 millésime 1987 du « poleman » Alain Prost débordée, le voilà qui voit débouler dans ses rétros la RB7 supersonique. S’ensuit une succession de dépassements parfaitement orchestrés. Ocon, Hadjar, Ocon, Hadjar… On se chamaille comme deux petits diables. De quoi ravir les fans tricolores sevrés de F1 depuis la sortie de piste du Grand Prix de France.
Le manège enchanté s’arrête de tourner. Sitôt décasqués, avant la traditionnelle photo de famille sur la ligne d’arrivée, place au débriefing. Ocon, hilare : « T’as vu, au début, je shiftais trop tôt ! ». Hadjar, fin observateur : « Ta caisse avait l’air super efficace dans les virages lents ». Nul doute que l’un et l’autre garderont longtemps en mémoire le souvenir de cette drôle de récréation.



