Une histoire de gros sous va-t-elle entacher l’édition 2026 de Roland-Garros ? Depuis quelques jours, le sujet est sur la table. Les deux numéros un mondiaux, Aryna Sabalenka chez les femmes et Jannik Sinner chez les hommes, ont exprimé leur vive frustration quant à l’évolution des prize money des tournois du Grand Chelem, et agité la menace d’un boycott, notamment de Roland-Garros.
Guy Forget réagit vertement aux menaces de boycott
Ancien directeur du tournoi parisien de 2012 à 2022, Guy Forget a réagi avec fermeté à ces menaces dans une interview accordée à Tennis Actu. Il les juge déplacées, surtout au vu de l’augmentation constante des prize money ces dernières années. « Vous connaissez beaucoup, aujourd’hui, de métiers où les joueurs ou les salariés sont augmentés chaque année de 15 % ? », a-t-il interpellé.
« Il n’y a pas plus égoïste qu’un joueur de tennis »
« Au lieu de dire aujourd’hui : Écoutez, on est reconnaissants parce que depuis dix ans, les prize money ont plus que doublé, c’est extraordinaire, on trouve que non, ce n’est pas assez, a regretté Forget. On voudrait gagner plus, plus, plus, plus. Et je le répète une nouvelle fois, le tournoi est plus grand que n’importe quel joueur. Donc si aujourd’hui certains ou certaines ont envie, et ont l’idée, à mon avis saugrenue, de boycotter, libre à eux de le faire. Mais je peux vous dire que les gens continueront d’acheter les places et de venir à Roland-Garros. »
Cette position est contestée par Jannik Sinner, qui déclarait justement que « sans les joueurs, il n’y a pas de tournois ». « Il n’y a pas de joueur ou de joueuse plus égoïste qu’un joueur de tennis, a exposé Guy Forget. On ne pense qu’à soi, on ne pense qu’à son intérêt. »
Un manque de reconnaissance selon l’ancien directeur
Pour lui, les stars actuelles du circuit ne sont donc pas suffisamment reconnaissantes des conditions dans lesquelles elles peuvent évoluer aujourd’hui. « Moi, j’aimerais bien avoir 20 ans aujourd’hui, a conclu Forget. Je peux vous dire que si j’étais à la place de Sabalenka aujourd’hui, je dirais : Merci à Björn Borg, merci à Roger Federer de me permettre aujourd’hui de vivre aussi bien le métier de joueur professionnel. »



