La France a terminé ses Championnats d'Europe de natation à Paris à la quatrième place du tableau des médailles, avec un total de 11 médailles dont quatre titres, dimanche 16 août. Ce résultat est jugé « très positif » par le directeur technique national, Denis Auguin, à deux ans des Jeux Olympiques de Los Angeles.
Un bilan encourageant malgré un total inférieur aux éditions précédentes
Avec 11 médailles, l'équipe de France reste loin du record de 2010 (21 médailles) et même en deçà des résultats de Rome il y a quatre ans (13). Les Bleus avaient choisi de faire l'impasse sur l'édition 2024 à Belgrade pour se préparer aux Jeux Olympiques en France. Paradoxalement, ce total est considéré comme encourageant à 24 mois des JO de Los Angeles.
« Il est même très positif au regard du niveau de cette compétition », juge Denis Auguin. « On voulait créer de la densité individuellement mais aussi avec les relais, le résultat est très intéressant. Notre objectif, c'est que la France soit la meilleure nation européenne dans deux ans. »
Malgré les blessures, les deux leaders de la natation tricolore, Léon Marchand et Maxime Grousset, ont tenu leur rang. Mary-Ambre Moluh est passée dans une nouvelle dimension, et quelques jeunes promesses se sont révélées.
Les satisfactions : Marchand, Grousset et Moluh au sommet
Léon Marchand a été le grand artisan de ce bilan. Meilleure performance mondiale sur le 200 m du relais dès le premier jour, vainqueur du 200 m papillon en passant sous les 1'52", et exceptionnel sur 400 m nage libre avec un record de France à la clé, le Toulousain a transformé en or tout ce qu'il a touché. Sans une gêne à l'adducteur, il aurait probablement ajouté les deux titres en 4 nages et celui sur 200 m brasse à son palmarès.
« Il est bien au-dessus de tout le monde au niveau mondial », dit de lui Philippe Lucas, qui connaît bien les champions d'exception. « Il est talentueux, intelligent et s'entraîne. C'est extraordinaire. »
Maxime Grousset a également rempli son contrat. Quasiment forfait pour ces Championnats il y a deux mois en raison d'une fracture, le Néo-Calédonien a décroché trois médailles : l'or du relais 4x100 4 nages mixte et l'argent sur 50 et 100 m papillon. À 100 %, c'eût été une autre histoire. « Ce gars a une capacité de rebond que le commun des mortels n'aura jamais », se félicite Auguin.
Mary-Ambre Moluh a fait sensation en décrochant trois médailles, dont deux titres en relais et surtout sur le 100 m dos, avec deux records d'Europe à la clé durant la semaine. À 20 ans seulement, la Francilienne est parfaitement lancée dans la course aux podiums mondial et olympique. Elle bénéficie de la densité française dans cette discipline du dos, avec Pauline Mahieu, bronzée sur 100 et 200 m lors de cet Euro, Analia Pigrée et Jeanne Lechevalier, 16 ans, qui poussent fort.
Les jeunes promesses : Cristofini et Muratory prennent date
Neuvième temps des 200 et 400 m nage libre à seulement 16 ans, Sauveur Cristofini est resté à la porte des finales pour sa première sélection avec l'équipe de France A. Mais il a beaucoup appris. Sans émotion apparente, il a engrangé l'expérience qui devrait lui permettre de postuler aux plus belles courses dans l'avenir. Il a aussi participé au relais 4x200 avec lequel il est monté sur le podium (2e) lundi dernier.
« C'est un garçon qui a beaucoup de talent, un gros potentiel pour être champion olympique », assure Philippe Lucas, son premier coach avant qu'il ne quitte Martigues pour Marseille.
Nathan Muratory, nageur de Canet 66, tout juste majeur, a battu le record du monde juniors du 200 m dos en séries. Il a pris date, tout comme Sacha Velly, quatrième samedi du 1 500 m.
Le coup d'arrêt pour Ndoye-Brouard
De tous les Français attendus lors de ces Championnats d'Europe, Yohann Ndoye-Brouard est le seul à s'être loupé individuellement. Médaillé de bronze des derniers Mondiaux à Singapour sur 100 et 200 dos, il a été victime de la concurrence tricolore sur le 200 et n'a pas pu faire mieux que quatrième en finale du 100. Ce n'était pas vraiment le plan initial.
Ce bilan, avec ses satisfactions et ses déceptions, dessine les contours d'une équipe de France qui vise clairement le sommet européen d'ici deux ans, avec des leaders confirmés et une jeunesse qui monte en puissance.



