L'Agathois Antoine Ferranti s'élance ce mercredi 12 août à Birmingham dans le décathlon des Championnats d'Europe d'athlétisme. Il affiche des ambitions claires : décrocher une place de finaliste (Top 8) et améliorer son record personnel de 8 240 points, performance qui le place actuellement au 8e rang européen de la saison.
Une préparation sereine et des voyants au vert
Interrogé par Midi Libre, Ferranti se dit confiant avant l'échéance : « Franchement, je me sens bien. Il n'y a pas grand-chose à dire. Tous les voyants sont au vert. Aucun problème. » Il explique que ses deux derniers mois ont été consacrés à l'entraînement, avec peu de compétitions hormis les Championnats de France Élites. « Là, j'ai hâte de porter le maillot », ajoute-t-il.
Cette compétition marque sa deuxième expérience avec l'équipe de France seniors, après les Mondiaux de Tokyo l'an passé où il avait terminé 12e. Ferranti estime que cette expérience peut l'aider : « Oui, bien sûr, ça peut aider même si je ne me suis jamais trop mis la pression avec les compétitions. En grands championnats, les athlètes sont juste plus forts. » Il se dit serein et prêt : « Je sais que je suis prêt. Je n'ai plus qu'à penser à ce que je dois faire sur la piste. »
Un objectif clair : le Top 8 et battre son record
Actuellement détenteur de la 8e performance européenne avec 8 240 points, Ferranti fixe son objectif : « L'objectif effectivement c'est d'être finaliste, donc d'être dans les 8. » Il compare le niveau des Championnats d'Europe à celui des Mondiaux : « Le niveau est à peu près le même. Il y a une grosse densité. Ce ne sera pas beaucoup plus facile. »
Au-delà du classement, il espère améliorer son record : « J'aimerais bien battre mon record. Je sais que je peux aller chercher des centaines de points. Je n'ai pas envie de me fixer des limites. » Il rappelle qu'il a « souvent été surpris par ses performances en compétition » et qu'il ne compte pas se stresser.
Des leçons tirées de sa rentrée et des risques à prendre
Lors de sa rentrée en juin, Ferranti avait battu son record après une première journée exceptionnelle, mais la seconde avait été moins bonne. Il explique : « Il y avait sans doute un peu de fatigue. Ce jour-là, l'objectif était avant tout de réaliser les minima (8 200 points) pour les Championnats d'Europe. Je n'étais pas à Ténérife – où il a réalisé ses 8 240 points – pour prendre des risques. »
À Birmingham, il compte changer d'approche : « Je vais pouvoir me jeter dans la gueule du loup. Car pour réaliser une grosse performance, il faut prendre de gros risques. » Il ajoute : « J'ai toujours battu deux fois mon record dans une saison depuis le début de ma carrière. J'ai de la marge. »
Un bilan positif de Clermont et un nouveau départ à l'Insep
Ferranti a passé deux ans à Clermont pour progresser au saut à la perche avec Renaud Lavillenie. Il dresse un bilan très positif : « Un super bilan. J'ai passé deux années là-bas qui m'ont énormément servi. C'était la meilleure décision à prendre, je ne regrette pas du tout. » Il souligne que cela lui a permis de « vraiment passer un cap à la perche et sur plein d'autres aspects ».
Malgré cela, il a choisi de rejoindre l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) à Paris pour préparer les Jeux Olympiques de Los Angeles. Il explique : « Je cherchais un endroit qui centralise les infrastructures (groupe d'entraînement, accès, récupération, kiné, médical). » Il tient à remercier ceux qui l'ont aidé à Clermont : « Je veux vraiment remercier tous ceux qui m'ont aidé à Clermont. C'était super. Ce chapitre se clôture de la meilleure des manières, avec tous ces records et ces sélections, maintenant direction l'Insep. »
Une situation financière améliorée mais des dépenses importantes
L'an passé, Ferranti évoquait ses difficultés à joindre les deux bouts. Aujourd'hui, sa situation s'est améliorée : « Oui, oui. Les aides de la Fédération sont plus importantes. Par ailleurs, j'ai intégré le dispositif Mission sport avec la police nationale. Ce qui me permet d'être rémunéré pour représenter la police nationale. » Il souligne l'importance de ce soutien : « Mine de rien, c'est quand même hyper important. J'ai un petit matelas pour me déplacer en compétition. »
Cependant, les saisons restent coûteuses. Il raconte : « Pour l'anecdote, en choisissant l'Insep pour m'entraîner, il a fallu que j'achète une gamme personnelle et complète de perches. En l'espace d'un mois et demi, j'ai dû sortir 11 000 euros de ma poche. Autant dire que ça a fait un trou dans le porte-monnaie. »



