Au Venezuela, la photographe Silvana Trevale capture la joie de la résistance
Au Venezuela, Silvana Trevale photographie la joie de la résistance

La photographe vénézuélienne Silvana Trevale, connue pour ses portraits en noir et blanc, expose à Paris une série intitulée « Resistencia » (Résistance), qui capture les instants de joie de ses compatriotes au milieu de la crise économique et politique. L'exposition, présentée à la Galerie des Femmes jusqu'au 30 septembre, rassemble une trentaine de clichés pris entre 2017 et 2025, selon la galerie.

Une œuvre ancrée dans le quotidien vénézuélien

Silvana Trevale, née à Caracas en 1985, a commencé à documenter la vie dans son pays en 2016. Ses images montrent des scènes de rue, des marchés, des enfants jouant, des familles réunies, mais aussi des manifestations et des moments de solidarité. « Je veux montrer que, malgré l'effondrement, il y a une énergie vitale qui persiste », a-t-elle déclaré au Monde, en marge du vernissage.

La série « Resistencia » a été réalisée dans plusieurs villes du Venezuela, notamment Caracas, Maracaibo et Valencia. Trevale utilise un appareil argentique, ce qui donne à ses photos une texture particulière, proche du documentaire humaniste. Elle privilégie le noir et blanc pour « se concentrer sur l'essentiel : les visages, les gestes, les émotions ».

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Un contexte de crise multiforme

Le Venezuela traverse depuis 2013 une grave crise économique, marquée par une hyperinflation qui a atteint 1 700 000 % en 2018 selon le FMI, et une pénurie de nourriture et de médicaments. Plus de 7 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays, selon l'ONU. Ceux qui restent font face à des coupures d'électricité quotidiennes et à un système de santé défaillant.

Dans ce contexte, la joie peut sembler incongrue, mais Trevale la considère comme un acte de résistance. « C'est une façon de ne pas se laisser submerger par le désespoir », explique-t-elle. Ses photos montrent des femmes dansant lors d'une fête de quartier, des jeunes jouant au football dans une rue défoncée, des vendeurs ambulants riant avec leurs clients.

Une reconnaissance internationale

L'exposition parisienne est la première en Europe pour Silvana Trevale, dont le travail a déjà été présenté à la Biennale de Venise en 2024 et au MoMA de New York en 2025. La commissaire de l'exposition, Marie Dupont, souligne « la force documentaire et poétique de cette œuvre, qui raconte une réalité souvent réduite à ses aspects tragiques ».

Après Paris, la série « Resistencia » sera montrée à la galerie Carmen Araujo de Caracas en novembre, avant de voyager à Bogotá et à Mexico en 2027, a indiqué la galerie. Un livre de photographies, édité par les éditions RM, est également prévu pour le printemps 2027.

Pour Silvana Trevale, l'essentiel est de témoigner : « Je veux que mes images restent comme une mémoire de ce que nous avons vécu, mais aussi comme un hommage à ceux qui continuent de sourire malgré tout. » L'exposition se tient jusqu'au 30 septembre à la Galerie des Femmes, 24 rue de la Forge Royale, Paris.

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