Pour sa deuxième saison à la tête du Montpellier Hérault SC, Zoumana Camara affiche un discours résolument plus ambitieux. À la veille de la reprise de la Ligue 2, ce samedi 8 août à 20h45 contre Dijon, l'entraîneur montpelliérain ne veut plus se fixer de limites. Après une première saison de reconstruction, il estime que son groupe est désormais mieux armé pour viser plus haut que la 8e place obtenue en 2025-2026.
Un discours plus offensif pour l'an II
Zoumana Camara avait besoin de se détendre. Fin juin, après avoir confié ses attentes et ses doutes sur le processus de vente du club, finalement interrompu, il s'était adonné à son "petit vice" : un cigare, seul face à la mer. Un peu plus d'un mois plus tard, la famille Nicollin est restée, et l'entraîneur est rassuré. Ses sourires lors de sa première conférence de presse de la saison, jeudi, ne mentaient pas.
"Il ne faut pas fixer de limites", a-t-il lâché, annonçant viser mieux que la dernière 8e place. Un changement de ton notable par rapport à l'an dernier, où il avait choisi le mot "reconstruction". "Je sais que je vous ai fait ch… avec ce mot", s'est-il amusé avant-hier. Désormais, son vocabulaire a changé : "Ambition, amélioration, certitude, exigence, liste-t-il. Il est évident qu'on passe dans une étape différente. Cela signifie exigence plus élevée partout. Parce qu'il y a du vécu, de l'expérience."
Un groupe plus en adéquation avec ses principes
Camara ne se cache pas : l'effectif actuel lui correspond mieux. "Oui, clairement. Plus de mobilité, plus de courses, plus d'intensité", argumente-t-il. Les investissements consentis pour Mamadou Camara (Laval) ou Daylam Meddah (Pau) sont une première depuis deux ans, ce qui réduit sa marge d'erreur, mais il reste droit dans ses principes.
Il n'a jamais quitté ces principes, même lorsque la gestion de Téji Savanier lui était rabâchée il y a quelques mois. Les interrogations répétées lui avaient arraché des regards noirs et un rare agacement au sortir d'une défaite dans le Chaudron. Camara, ex-adjoint de Carlo Ancelotti, Thomas Tuchel ou Laurent Blanc, a dû se forger. "Il a une vision et des idées claires. Mais il a appris aussi, note-t-on au club. Il a su durcir le ton face à une équipe qu'il jugeait molle l'an passé."
Un management horizontal et impliqué
Habile communicant en public, Camara a su imposer en interne un management horizontal, qui rappelle celui de Jean-Louis Gasset, l'une de ses sources d'inspiration. Il implique au maximum son staff, dans les décisions ou avec des briefs et des débriefs de chaque séance d'entraînement. Sans oublier d'aménager des plages de détente, ensemble, pour déconnecter.
Auprès des joueurs, dont il est proche, chambreur, "mais qu'il peut recadrer un instant plus tard", il prône la participation. "Son bras droit Nicolas Damon est un vrai support", souffle un témoin. À Grammont, la méthode a convaincu, comme la personnalité d'un entraîneur "pédagogue, curieux de tout". Le départ du directeur sportif Bruno Carotti, en juillet, a élargi de fait son champ d'action.
Un credo : retrouver le sourire
Camara s'intéresse aussi aux datas ou à l'IA, mais cela ne prédit pas encore par quoi passera ce groupe. Lui a son credo : "Si je peux utiliser les mots de mon président, 'Retrouver le sourire'. Moi, je ne l'avais pas perdu. Je voudrais que les supporters se reconnaissent dans cette équipe, sa mentalité, ses efforts, sa générosité. Tout ce qui fait que cette équipe doit ressembler à la Paillade." Une vraie mue pour l'an II ?



