Projet Fifa Forward Enterprise : tollé mondial contre la vente du football
Fifa Forward Enterprise : le monde du football se rebelle

Le projet "Fifa Forward Enterprise" (FFE), dévoilé mardi par la Fédération internationale de football (Fifa), suscite une levée de boucliers sans précédent dans le monde du football. Cette initiative vise à créer une société distincte pour gérer les activités commerciales de la Fifa et ouvrir la porte à des investisseurs privés, notamment pour les droits de la Coupe du monde. L'Uefa, la Concacaf, la Fédération française de football (FFF) et de nombreux autres acteurs dénoncent un manque de transparence et une tentative de brader le football à des intérêts financiers.

L'Uefa dénonce une spéculation sur l'âme du football

Dans un communiqué cinglant, l'Union des associations européennes de football (Uefa) a déclaré : "L'âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans aucune transparence sur la destination des bénéfices financiers. Aucun d'entre nous n'est le propriétaire du football. Ce n'est pas à la Fifa de le vendre." Cette prise de position reflète l'inquiétude des fédérations européennes face à une possible mainmise d'investisseurs privés sur les compétitions phares.

La Concacaf et la FFF déplorent un manque de concertation

La Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) a exprimé sa profonde déception : "La Concacaf a été mise au courant par les médias, puis par un communiqué de presse. Nous sommes profondément préoccupés par ce procédé." Elle partage "la déception de nombreux acteurs de notre région et du monde du football face au fait que ces détails aient été élaborés et rendus publics avant même qu'une discussion n'ait eu lieu avec les instances dirigeantes et les parties prenantes concernées."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Même son de cloche du côté de Philippe Diallo, président de la FFF, qui a déclaré sur France Inter : "Nous avons découvert à travers un communiqué de presse un projet très important sur lequel nous n'avons aucun détail. Et qui soulève beaucoup d'interrogations sans que les membres que nous sommes, fédérations, n'aient pu être associés et ne disposent d'aucun élément particulier pour se prononcer sur des sujets qui sont, évidemment, fondamentaux pour l'avenir du football."

L'ancien président Sepp Blatter critique la relation Infantino-Trump

L'ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, a également réagi sur le réseau X : "La relation étroite entre le président de la Fifa (Gianni Infantino) et le président des États-Unis (Donald Trump) a pris une dimension financière qui porte un grave préjudice au football. Personne n'a le droit de vendre notre sport."

Le Premier ministre britannique Andy Burnham défend les supporters

Andy Burnham, Premier ministre du Royaume-Uni, a affirmé sur X : "Le football n'appartient pas aux investisseurs" mais à ceux "qui remplissent les tribunes et qui se tiennent au bord du terrain semaine après semaine, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau. La Coupe du monde n'est pas un produit. C'est la plus grande compétition du sport mondial, et elle n'a jamais appartenu à qui que ce soit pour être vendue."

Javier Tebas accuse Infantino de confondre politique et football

Le président de la Ligue espagnole, Javier Tebas, a pourfendu le dirigeant de la Fifa : "Les compétitions et les droits commerciaux de la Fifa ne sont pas le patrimoine personnel d'Infantino. Celui qui mélange politique, discipline, argent et pouvoir sans transparence ne peut rien diriger. Infantino n'est pas la solution à la gouvernance de la Fifa. C'est le problème."

Des élus démocrates américains montent au créneau

Les élus démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants au Capitole ont également commenté sur X : "Il semble que le faux Prix de la paix et le bail géant conclu avec la Trump Tower n'étaient pas suffisants. Maintenant, Gianni Infantino tente la passe de trois en cherchant un accord de plusieurs milliards de dollars avec le frère de Jared Kushner pour vendre des parts des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Les fans de foot ont déjà été privés du Mondial par les tarifs excessifs des places, et les intérêts d'oligarques et de grandes entreprises vont maintenant encore plus ternir la beauté de ce jeu."

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

L'association de supporters FSA promet de se battre

L'association des supporters de football (FSA) a publié un communiqué virulent : "Beaucoup de supporters sont rentrés de la Coupe du monde en pensant que la Fifa ne pouvait plus faire grand-chose pour abîmer ce qu'ils aiment dans la plus grande compétition de football. Moins de deux semaines après le coup de sifflet final, elle a démontré qu'il était toujours possible de tomber plus bas. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour combattre cette nouvelle décision et toutes celles qui mettent gravement en péril l'avenir du football au profit de gains commerciaux à court terme. Ce projet ne doit pas devenir une nouvelle étape dans la tentative de Gianni Infantino de remodeler le football sans tenir compte des supporters ni de l'intérêt général du jeu."

Alors que la Fifa n'a pas encore fourni de détails précis sur le montage de la Fifa Forward Enterprise, l'opposition semble unanime pour rejeter ce qu'elle perçoit comme une vente aux enchères du football mondial. La Coupe du monde 2026, qui vient de s'achever, a déjà été marquée par des controverses sur le prix des billets et l'accueil des supporters. Ce nouveau projet pourrait bien exacerber les tensions entre la Fifa et les acteurs traditionnels du sport.