La FNSEA, premier syndicat agricole français, exige le doublement de l'aide à l'achat de gazole non routier (GNR) pour les agriculteurs, la portant de 15 à 30 centimes par litre. Cette revendication intervient alors que le prix du GNR a dépassé 1,50 euro hors taxe le litre, selon le président du syndicat, Arnaud Rousseau.
Une demande justifiée par l'envolée des prix du carburant
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux de la FNSEA, Arnaud Rousseau a expliqué que l'aide actuelle de 15 centimes par litre, en vigueur depuis avril, ne correspond plus à la réalité du marché. « Depuis le début de la semaine, le gasoil non routier pour l'agriculture a dépassé 1,50 euro hors taxe le litre, rendant son acquisition extrêmement difficile pour les agriculteurs à la veille des travaux d'automne », a-t-il détaillé.
Le président du syndicat a précisé que « les 15 centimes annoncés par le gouvernement tenaient la route à partir du moment où les gasoils étaient autour de 1,20 euro ». Cette déclaration souligne l'écart entre les hypothèses budgétaires initiales et la situation actuelle des prix.
Une aide réclamée « en pied de facture » pour des remboursements immédiats
Au-delà du montant, la FNSEA souhaite une réforme du mécanisme de versement. Le syndicat demande que cette aide soit appliquée « en pied de facture », c'est-à-dire directement lors de l'achat, afin « d'accélérer les remboursements, qu'ils soient immédiats ». Cette disposition viserait à soulager la trésorerie des exploitations agricoles, particulièrement tendue à l'approche des semis d'automne.
Cette revendication s'inscrit dans un contexte plus large de pression sur le gouvernement. Face à des prix records des carburants, alimentés par les conflits au Moyen-Orient, l'exécutif a annoncé mardi une prolongation jusqu'à fin 2026 et un élargissement de l'aide aux grands rouleurs, qui doit bénéficier à potentiellement 5,5 millions de personnes.
Un contexte international tendu
Parallèlement, la communauté internationale presse Moscou et Kiev de cesser leurs frappes réciproques sur les infrastructures énergétiques, afin de contenir les conséquences de la guerre en Ukraine sur les coûts de l'énergie. Lors de son discours à l'ONU, Emmanuel Macron a appelé mardi à un « double moratoire » sur ces frappes.
La demande de la FNSEA intervient donc dans un environnement où les prix de l'énergie restent volatils, sous l'effet des tensions géopolitiques. La réponse du gouvernement à cette requête sera déterminante pour les agriculteurs français, qui doivent engager les travaux d'automne dans des conditions économiques difficiles.



