Emilien Jacquelin, double champion olympique de biathlon, a vécu une expérience humiliante lors de sa première course cycliste, dimanche dernier. Participant à une épreuve amateur en Isère, il a terminé 45e sur 60 participants, à près de 15 minutes du vainqueur. « Je suis champion olympique de biathlon, mais en vélo, je ne suis pas grand-chose », a-t-il déclaré à Libération.
Une transition sportive ambitieuse
À 30 ans, le biathlète français a décidé de se lancer dans le cyclisme après une carrière marquée par plusieurs titres mondiaux. « J'avais besoin d'un nouveau défi », explique-t-il. « Je roule beaucoup à l'entraînement, mais la compétition est autre chose. » Il a rejoint un club amateur et suit un programme spécifique depuis six mois.
Une course révélatrice
L'épreuve, longue de 120 kilomètres dans le massif de Belledonne, a été un choc pour l'athlète. « Dès le premier col, j'ai compris que j'avais surestimé mon niveau. Les jambes ne répondaient pas, et le rythme était infernal », raconte-t-il. Résultat : une 45e place, à 14 minutes 23 secondes du leader. « C'est une gifle, mais une gifle utile », ajoute-t-il.
Des progrès encourageants
Malgré ce classement modeste, Jacquelin voit des progrès. « J'ai tenu le groupe pendant 40 kilomètres, ce qui est mieux que la semaine dernière où j'avais lâché au bout de 10 », ironise-t-il. Son entraîneur, interrogé par Libération, confirme : « Il a une grosse capacité aérobie de par son passé de biathlète. Il lui manque surtout la technique et l'expérience du peloton. »
Objectifs à long terme
Pour ce champion, l'objectif n'est pas de devenir un cycliste professionnel, mais de prendre du plaisir. « Je veux finir une course sans souffrir, et peut-être un jour jouer les premiers rôles dans des épreuves locales », confie-t-il. Il participera à la cyclosportive “La Marmotte” en août, un défi de 174 kilomètres. « Ce sera un test. Si je finis dans le top 100, ce sera une victoire. »
Un regard sur le biathlon
Jacquelin n'exclut pas un retour au biathlon. « Pour l'instant, je me consacre au vélo. Mais je ne ferme aucune porte. Le biathlon me manque, surtout la neige et le silence », dit-il. Il suit toujours les compétitions et donne des conseils aux jeunes. Sa reconversion pourrait inspirer d'autres athlètes. « Il faut oser changer de vie, même si c'est dur au début. »



