Jeanne Herry : « Garance » est un portrait de femme, pas un film sur l'alcoolisme
Jeanne Herry : « Garance » est un portrait de femme

Le nouveau film de Jeanne Herry, Garance, présenté au récent Festival de Cannes, marque une rupture dans la carrière de la réalisatrice de Pupille. Pour la première fois, elle abandonne les fresques chorales qui ont fait sa renommée pour se concentrer sur un seul personnage : Garance, une comédienne vivant de son métier sans être une star, dont la vie est marquée par une consommation excessive d'alcool. Le film, qui a nécessité 52 jours de tournage, 50 décors et 150 séquences, est décrit par sa créatrice comme son tournage « le plus long, avec le plus de décors, peut-être le plus fatigant ».

Une héroïne au parcours singulier

Garance est interprétée par Adèle Exarchopoulos, que Jeanne Herry avait déjà dirigée dans Je verrai toujours vos visages. Le personnage forme un couple lumineux avec une scénographe, campée par Sara Giraudeau. Selon la réalisatrice, ces deux performances sont « gorgées de justesse et de tendresse », et pourraient bien séduire les votants des César. Dans un entretien accordé à 20 Minutes, Jeanne Herry explique avoir voulu « brosser le portrait d'une femme qu'on rencontrerait dans tous les recoins de sa vie ».

Une approche documentée mais intuitive

Contrairement à ses deux précédents longs-métrages, Jeanne Herry n'a pas mené de vastes recherches sur l'alcoolisme pour ce projet. Elle a toutefois rencontré une jeune femme dont le parcours d'alcoolique, des débuts jusqu'à la sobriété, l'a « hyperintéressée, captivée ». La vitalité et la drôlerie de cette personne ont servi de base au personnage, fusionnée avec d'autres influences. La réalisatrice précise que son héroïne n'est pas une « alcoolique honteuse » : « Elle a une façon très normalisée de consommer, socialisée, très sociale, aussi. Et puis, ça ne l'empêche pas de gérer beaucoup de choses. »

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Un métier méconnu, une maladie taboue

Le choix de faire de son héroïne une actrice n'est pas anodin. Jeanne Herry, qui a elle-même exercé ce métier, souhaite déconstruire les fantasmes qui l'entourent : « C'est un travail qui est intermittent, qui n'est pas très stable, qui est nomade, où il faut beaucoup se déplacer, beaucoup se bagarrer, susciter le désir tout au long de sa carrière. » Concernant l'alcoolisme féminin, elle cite des films comme Betty de Claude Chabrol ou Opening Night de John Cassavetes, tout en refusant de réduire Garance à un film sur ce sujet : « Il serait réducteur de limiter l'héroïne à cela. » La réalisatrice évoque une maladie qui « cause beaucoup d'inquiétude et d'incompréhension », et dont la gestion est abordée dans son film « de manière bienveillante et sans jugement ».

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