Kevin Mayer, le décathlonien montpelliérain, n'a plus terminé un décathlon depuis les Championnats d'Europe de Rome en 2024. Il s'est confié à Midi Libre sur son état de forme et ses projets de retour.
Un rôle de consultant apprécié mais éprouvant
Intervenant sur le plateau de France TV lors des Championnats d'Europe de Birmingham, Kevin Mayer a exprimé son plaisir : « Oui, je prends beaucoup de plaisir. Je suis passionné. Là, franchement, j'ai la meilleure place au monde. » Il a souligné la qualité du dispositif : « Le plateau de France Télévisions, il est parfaitement placé. J'ai les oreillettes avec tous les commentaires, tous les écrans devant moi. Pour un passionné, c'est un peu le rêve. »
Cependant, il a admis la fatigue en fin de semaine : « Après, je ne vais pas vous le cacher, c'est long. Je termine la semaine avec un petit bouton de fatigue au coin des lèvres. Ce n'est pas très beau à l'antenne (rires). »
Des performances remarquées et un décathlon difficile
Interrogé sur l'événement ou l'athlète qui a retenu son attention, Mayer a cité l'Italien Tamberi, champion d'Europe au saut en hauteur : « Il arrivait à Birmingham avec une meilleure performance à 2,23 m. Il avait vraiment l'air d'en chier ces dernières années. Et là, il fait un saut à 2,32 m. On sentait qu'il n'était pas bien et c'est vraiment avec le mental qu'il allait chercher (son quatrième titre européen). »
Il a ajouté : « Il a le même âge que moi. Je partage les championnats avec lui depuis 2011. On commence à bien se connaître. Je le croise tous les jours à l'hôtel avec sa petite famille. Ça a beau être un bel énergumène, parfois exaspérant, il fait toujours un spectacle de dingue. Je commence vraiment à l'apprécier. »
Un décathlon très difficile et des Français frustrés
À propos du décathlon disputé mercredi et jeudi, Mayer a déclaré : « Que c'était un "déca" très difficile. J'ai croisé tous les décathloniens, j'ai beaucoup parlé avec eux. Ils le disaient tous, il y avait un vent de face énorme et des conditions météo pas faciles. Soit il faisait très chaud, soit il faisait très froid notamment le matin. Sans parler du concours de perche rocambolesque, où il s'est passé n'importe quoi avec les juges. Ils en ont vraiment bavé. Bravo à tous ceux qui ont fini. Ils étaient tous sur les rotules à la fin. »
Concernant les Français Antoine Ferranti et Makenson Gletty, il a noté : « Ils sont tous les deux à plus de 8 100 points, Makenson est à plus de 8 250. Ce n'est pas un mauvais décathlon, loin de là. Mais c'est frustrant pour eux, parce que je sentais qu'ils avaient les armes pour y arriver (à la médaille). Surtout "Mak". Il finit frustré. Je suis un peu dégoûté pour lui. Mais c'est quand même très bon signe. Il s'est notamment retrouvé au saut en hauteur. Et en hauteur on marque beaucoup de points. Ça permet d'envisager beaucoup mieux. »
Un retour conditionné à une forme à 100 %
Kevin Mayer a clarifié sa situation : « Non, non. Vous oubliez Rome en 2024 pour la qualification aux Jeux de Paris. C'était le décathlon le plus relevé de l'histoire des Championnats d'Europe. J'avais fini cinquième. Vu comme j'en ai bavé pour aller chercher cette qualification, je peux vous dire que je m'en souviens, avec la blessure à la hanche. »
Il a poursuivi : « Ça suit son cours. Je me sens super bien en ce moment. Parfois, il y a des petits chocs qui retardent la chose. Mais dans l'ensemble, ça avance très vite, surtout sur les haies. J'ai grand espoir d'envisager un décathlon dans… Je ne vais pas le dire. Je n'ai pas envie de donner une date car je veux vraiment être prêt, je veux vraiment être fort le jour où je reviens. Vous ne me verrez pas tant que tout n'est pas à 100 %. »
Le Décastar de Talence compromis par une entorse
À propos du Décastar de Talence, qui fête ses 50 ans les 18 et 19 septembre, Mayer a expliqué : « Je l'avais en tête depuis un moment mais je me suis fait une entorse sur un footing en marchant sur une pierre. Ça a totalement chamboulé mes espoirs de participation au Décastar même si ce n'est pas une grosse blessure. Il faut juste être patient. Ça m'a enlevé des chances de pouvoir être vraiment prêt pour le Décastar. Ça fait un peu chier mais je serais sûrement sur place pour fêter ces 50 ans. »
Rappelons que Kevin Mayer a été victime d'une rupture quasi-totale du muscle semi-membraneux (ischio-jambiers gauches). Son retour sur les pistes reste donc tributaire de sa guérison complète.



