Vence : la Ville rachète la parcelle du projet Chagall pour 4 millions d'euros
Vence rachète la parcelle du projet Chagall pour 4 M€

La Ville de Vence est désormais propriétaire du terrain où devait s'ériger la deuxième phase du projet Chagall, l'actuel parking aérien. La maire Anne Sattonnet a officialisé cette acquisition le 4 août auprès de l'Établissement public foncier (EPF) régional, en présence de son directeur délégué et d'un notaire, Me Jérémy Salles. Le montant de l'achat s'élève à près de 4 millions d'euros, que la municipalité espère amortir sur les trois prochains exercices budgétaires.

Une transaction qui concrétise un engagement municipal

Cette transaction concrétise l'engagement pris lors du conseil municipal du 2 juillet. Elle permet à la mairie de reprendre la maîtrise foncière du deuxième volet du projet, qu'elle souhaite davantage végétaliser et mieux intégré que le premier. C'est l'ancien maire Régis Lebigre qui, en juin 2024, avait fait stopper le projet, provoquant un contentieux avec le promoteur Eiffage. Ce contentieux n'est pas réglé.

Le promoteur a fait appel d'un jugement du 28 mai du tribunal judiciaire de Grasse qui l'a empêché d'engager les travaux, tandis qu'un autre recours reste pendant devant le tribunal administratif. Eiffage conteste le refus de la municipalité de désaffecter le parking de l'îlot sud et la délibération du conseil municipal autorisant le rachat des terrains par la Ville auprès de l'EPF.

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Des engagements contractuels à respecter

La maire Anne Sattonnet sait que la Ville reste tenue par ses engagements contractuels, avec une désaffectation du parking aérien au plus tard le 16 juin 2027. « Mieux vaut un accord qu'un procès », résumait-elle en conseil municipal début juillet, assurant discuter activement avec Eiffage. Le dossier reviendra devant le conseil municipal le 24 septembre, où les évolutions du projet seront présentées.

Une saga de trois décennies

Le dossier Chagall anime la vie vençoise depuis presque trente ans. Anne Sattonnet est la sixième maire à s'y frotter. C'est en 1998 que l'étude de constructibilité d'un projet de 27 000 m² est lancée. Christian Iacono, puis son successeur Pierre Marchou, y envisagent notamment 200 logements. Dix ans plus tard, revenu aux affaires, Christian Iacono révise le projet et envisage 301 logements, un parking de 200 places et un jardin.

Mais à peine élu, en 2009, Régis Lebigre révise de nouveau le projet. Le programme est revu à la baisse : 235 logements, 187 places de parking, des commerces et un parc public. En accédant à la mairie, en 2014, Loïc Dombreval réexamine à son tour le volume du projet. 200 logements, des commerces, un jardin sont alors évoqués. Quand il devient député, trois ans plus tard, et que Catherine Le Lan lui succède, des fouilles archéologiques sont menées, des arbres coupés, le projet validé en conseil municipal, le permis de construire d'Eiffage déposé et même signé par le préfet.

Dès son élection en 2020, Régis Lebigre demande aussitôt une révision esthétique de l'îlot 1, puis délivre un permis de construire modificatif. La première partie du programme Chagall, avec les logements et le parking de l'îlot 1, est livrée en 2024. Quelques semaines plus tard, Régis Lebigre stoppe le projet de l'îlot 2, point de départ du contentieux qui oppose toujours la Ville à Eiffage et dont a hérité, en mars, Anne Sattonnet.

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