Sébastien Castella, blessé à la main par sa propre épée lors de la corrida de Vauvert dimanche, a dénoncé la qualité des soins reçus dans le Gard et a choisi de se faire opérer à Saragosse, en Espagne. Son entourage a évoqué des « manquements graves » dans la chaîne de prise en charge, ce qui a suscité une vive réaction de l’Association gardoise de traumatologie taurine et de la Polyclinique Grand Sud.
Une blessure et des critiques immédiates
Le torero biterrois, attendu pour la feria des Vendanges le samedi 19 septembre à Nîmes, a été touché à la main gauche à l’issue de son combat avec son premier toro. Malgré cette blessure, il a affronté son second adversaire. Vingt-quatre heures plus tard, son entourage a publié un communiqué détaillant les manquements présumés : à l’infirmerie des arènes de Vauvert, « aucun diagnostic à la hauteur de la situation n’a été posé par les médecins taurins », et la prise en charge s’est limitée à l’administration d’antibiotiques à la demande du patient.
Le communiqué précise que lors du transfert vers la Polyclinique Grand Sud, Castella n’a pas bénéficié d’un transport médicalisé d’urgence adapté. À son arrivée au service SOS Mains, l’hémorragie en cours liée à une section artérielle n’a pas été identifiée, malgré des signes cliniques évidents. Une intervention chirurgicale n’étant proposée que pour le lendemain matin, le torero a dû se rendre par ses propres moyens à Saragosse, où il a été pris en charge par le docteur Val-Carreres Guinda, près de sept heures après la blessure.
La réponse des soignants gardois
L’Association gardoise de traumatologie taurine a réagi en « rétablissant les faits » : « Sébastien Castella a été examiné par un personnel médical compétent et qualifié. La blessure à la main gauche ne présentait pas, à cet examen, un caractère d’urgence absolue. » Face à des conditions d’asepsie jugées insuffisantes sur place, l’équipe a décidé, par précaution, d’orienter le patient vers un centre spécialisé en chirurgie de la main, clinique prévenue en amont. L’association estime que l’état du torero ne nécessitait pas un transport médicalisé, notant qu’il a rejoint Saragosse sans véhicule médicalisé.
La Polyclinique Grand Sud défend également son travail : « M. Castella a été orienté vers notre établissement, structure référente en matière de chirurgie de la main. Il a été pris en charge et examiné par un médecin urgentiste, et l’avis d’un chirurgien spécialiste de la main a été sans délai sollicité dans le cadre de la filière SOS Main. » L’établissement précise que les équipes ont prévu une intervention à laquelle Castella ne s’est pas présenté, et regrette que des accusations graves soient portées publiquement contre des professionnels qualifiés.
Des conséquences potentielles pour les corridas en France
L’Association gardoise de traumatologie taurine regrette la mise en cause d’équipes médicales « sur la base d’un récit incomplet ». Elle prévient : « Si de telles situations venaient à se répéter, les arènes françaises pourraient rencontrer des difficultés croissantes à mobiliser des équipes médicales compétentes pour assurer les corridas. » Contrairement à l’Espagne, ce sont des personnels bénévoles, mais qualifiés, qui assurent les soins lors des corridas en France.
Malgré cette polémique, Sébastien Castella semble déjà rétabli. Il sera en piste dès mercredi à Huesca et jeudi à Béziers, où vingt corridas figurent encore à son programme, dont sa feria de Béziers en fin de semaine.



