Dormir plus pour gagner plus : le pari d'une étude américaine
Dormir plus pour gagner plus : le pari d'une étude

Une étude américaine inédite, menée par trois chercheuses de l'Université de Pittsburgh sous la direction d'Osea Giuntella, a proposé à des étudiants de les payer pour dormir davantage. L'objectif : mesurer l'impact d'un sommeil prolongé sur la productivité et les revenus. Cette recherche intervient alors que les Français dorment en moyenne 6h50 par nuit, soit 14 minutes de moins qu'en 2024 et une heure et demie de moins qu'il y a cinquante ans, selon l'enquête de l'Institut national du Sommeil et de la Vigilance (INSV) de décembre 2025.

Un constat alarmant sur le sommeil des Français

Les recommandations sanitaires sont formelles : pour bien se porter, les adultes ont besoin de 7 à 9 heures de sommeil par nuit et les adolescents de 8 à 10 heures. Pourtant, les habitudes de vie modernes, marquées par l'usage du portable au lit, des horaires de coucher irréguliers et des chambres trop éclairées ou trop chauffées, ne favorisent pas des nuits réparatrices.

Le phénomène n'est pas spécifiquement français. De nombreux pays industrialisés sont touchés, notamment les États-Unis. Face à ce problème de santé publique, les chercheuses américaines ont choisi une approche radicale : rémunérer les participants pour modifier leurs comportements et retrouver un sommeil suffisant.

Le paiement comme incitation au changement

L'étude, dont les résultats sont détaillés dans l'article de Rue89, s'appuie sur une idée simple : si les personnes savent ce qu'il faut faire pour mieux dormir, elles ne le mettent pas spontanément en pratique. D'où l'idée d'une incitation financière pour tester si le paiement peut changer durablement les habitudes.

Les chercheuses ont donc proposé à des étudiants de participer à cette expérience. L'objectif était de mesurer si un sommeil plus long améliorait leur productivité et, in fine, leurs revenus. Cette approche s'inscrit dans un contexte où le manque de sommeil est considéré comme un enjeu de santé publique majeur dans les pays industrialisés.

Un enjeu de santé publique mondial

Si l'étude américaine apporte un éclairage nouveau, elle soulève aussi des questions sur les moyens à mettre en œuvre pour inciter les populations à mieux dormir. En France, l'INSV rappelle régulièrement les bonnes pratiques : éloigner le portable du lit, se coucher à une heure régulière, dormir dans une chambre obscure et chauffée à 16 degrés.

La question posée par Rue89 est donc existentielle : faut-il dormir plus pour gagner plus ? Les résultats de cette étude pourraient inciter les employeurs et les pouvoirs publics à envisager des dispositifs de rémunération liés au sommeil, une piste encore exploratoire mais qui pourrait transformer notre approche de la santé au travail.