Une annonce qui suscite l'indignation
Ce vendredi 22 mai, une dizaine de parents d'élèves de l'école maternelle Saint-Pallais se sont rassemblés devant l'établissement pour exprimer leur colère. Ils ont appris de manière indirecte que l'école pourrait fermer ses portes à la rentrée 2027. « Il y avait un projet pilote pour enlever le bitume afin de diminuer la chaleur dans la cour. On comprend mieux pourquoi il a été stoppé », déplore un membre de l'association de parents d'élèves Les Petites étincelles, créée il y a un an.
Une école de proximité menacée
L'école maternelle Saint-Pallais accueille aujourd'hui 46 enfants répartis sur deux classes. « Pour les inscriptions, les familles sont orientées vers d'autres écoles. Il n'y a qu'un seul inscrit pour la rentrée prochaine », soulignent Fanta Traoré, vice-présidente, et Ariane Morlet, trésorière. « Au-delà de la fermeture, c'est la méthode qui nous choque. Nous sommes extrêmement déçus, il n'y a pas eu de dialogue », insistent les parents.
La démographie en berne
Éric Pannaud, vice-président en charge des affaires scolaires à Saintes Grandes Rives, rappelle les chiffres : « 5 050 enfants à la rentrée 2014, 3 900 en septembre prochain. Selon les projections, nous allons perdre encore 450 enfants sur trois ans. Toutes les écoles sont menacées si nous ne bougeons pas. Ce qui m'intéresse, c'est de proposer les meilleurs espaces pour le projet pédagogique. »
Le maire, Bruno Drapron, tempère : « Pour l'instant, rien n'est acté. Nous y travaillons, comme nous travaillons sur l'ensemble de l'agglomération. » Il prévoit de soumettre le sujet au conseil municipal d'ici la fin de l'année scolaire.
Un attachement fort à la petite structure
Les parents défendent les atouts de cette école idéalement située, près de l'abbaye aux Dames, à deux pas de la Palu et du centre-ville. « On nous parle de perte de dynamique pour le centre-ville. Ici, les parents viennent à pied, ils consomment dans les commerces au passage. On chasse les familles du centre-ville », dénoncent-ils.
La double peine après les inondations
Lors des inondations de février dernier, l'accès principal de l'école était sous les eaux de la Charente. Les élèves avaient été transférés à l'école maternelle du Cormier. « C'est un peu la double peine. Pendant la crue, les enfants ont dû changer d'école, et maintenant nous risquons de perdre notre école de proximité », regrettent les parents.
L'école du Cormier perdra une de ses trois classes à la rentrée prochaine. Certains parents s'inquiètent de devoir utiliser la voiture pour emmener leurs enfants. « Il y a rarement plus de 500 mètres entre deux écoles. C'est plus dur quand cela touche une commune rurale », relativise le maire.
Éric Pannaud conclut : « Chaque école a des avantages et des inconvénients. Notre idée est de contractualiser avec l'Éducation nationale pour avoir des tailles de classes plus importantes, afin de ne pas être en difficulté chaque année. »



