Xenia Fedorova, propagandiste russe, sous le coup d'un arrêté d'expulsion
Xenia Fedorova visée par un arrêté d'expulsion (30.07.2026)

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé mercredi 30 juillet 2026 que Xenia Fedorova, une propagandiste russe connue pour ses activités de désinformation, fait l'objet d'un arrêté d'expulsion. Dans une déclaration, il a tenu à préciser que cette décision « n'est pas une atteinte à la liberté d'expression », mais une mesure nécessaire pour protéger les intérêts fondamentaux de la nation.

Une figure de la propagande pro-Kremlin

Xenia Fedorova, citoyenne russe arrivée en France en 2019, est active sur les réseaux sociaux et dans des médias en ligne proches du Kremlin. Elle est régulièrement accusée de diffuser des informations trompeuses, notamment sur le conflit ukrainien et les institutions européennes. Les autorités françaises la considèrent comme une menace pour la sécurité nationale en raison de son rôle dans des campagnes de manipulation.

Les motifs juridiques de l'expulsion

L'arrêté d'expulsion, pris par la préfecture de police, se fonde sur l'article L. 521-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers, qui permet d'expulser un étranger lorsque sa présence constitue une menace grave pour l'ordre public. Laurent Nuñez a souligné que les activités de Fedorova vont au-delà du simple exercice de la liberté d'expression : « Ce n’est pas une atteinte à la liberté d’expression, a-t-il insisté. Il s’agit de protéger notre démocratie contre des ingérences étrangères qui cherchent à déstabiliser notre pays. La France a le droit de se défendre contre de telles menaces. »

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Un précédent dans la lutte contre les ingérences

Cette mesure s'inscrit dans un effort plus large du gouvernement français pour contrer l'influence russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, la France a expulsé plus de 30 individus considérés comme des agents d'influence ou des propagandistes russes. En 2024, plusieurs médias russes ont été interdits sur le territoire européen, et des personnalités comme Fedorova font désormais l'objet d'une surveillance renforcée.

Réactions et contestations

L'avocate de Fedorova a annoncé son intention de contester l'arrêté devant le tribunal administratif, estimant que sa cliente « n'a fait qu'exercer son droit d'exprimer des opinions politiques, même impopulaires ». Des associations de défense des droits de l'homme ont également exprimé leur inquiétude, craignant un précédent dangereux pour la liberté d'expression. Du côté politique, le sénateur LR Jean-Pierre Sueur a salué une « décision ferme nécessaire pour protéger notre souveraineté », tandis que l'ambassade de Russie en France a dénoncé un « acte hostile ». Fedorova dispose d'un délai de trente jours pour quitter volontairement le territoire, faute de quoi elle pourrait être reconduite à la frontière.

Le cadre juridique contesté

La décision repose sur une évaluation subjective de la menace, ce qui suscite des débats. Les magistrats administratifs devront déterminer si les activités de Fedorova justifient une mesure aussi radicale. En attendant, l'affaire illustre les tensions entre sécurité nationale et libertés fondamentales, un équilibre délicat que la France cherche à préserver face aux ingérences étrangères croissantes.

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