Les compagnies aériennes internationales ont annoncé une hausse généralisée de leurs tarifs pour faire face à la crise du kérosène, dont le prix a bondi de 40% en un an. Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), cette augmentation moyenne de 15% permettrait de compenser partiellement la hausse des coûts sans compromettre la reprise du trafic.
Des ajustements tarifaires inévitables
Air France-KLM, Lufthansa et Ryanair font partie des transporteurs ayant récemment révisé leurs grilles de prix. « Le kérosène représente jusqu'à 30% de nos charges d'exploitation. Sans ces hausses, nous ne pourrions maintenir nos marges », a déclaré un porte-parole d'Air France-KLM. La compagnie néerlandaise a ainsi relevé ses prix de 12% sur les vols long-courriers et de 8% sur les courts-courriers.
Une demande qui reste dynamique
Malgré ces augmentations, le nombre de passagers ne faiblit pas. En juin 2026, le trafic aérien mondial a atteint 95% de son niveau de 2019, selon l'IATA. « Les voyageurs semblent prêts à payer plus cher pour leur mobilité, qu'il s'agisse de loisirs ou d'affaires », commente Julie Dubois, analyste chez Transport & Mobility Le Monde. Les réservations pour l'été 2026 sont en hausse de 10% par rapport à l'été précédent.
Les compagnies low-cost moins touchées ?
Les transporteurs low-cost, comme Ryanair ou EasyJet, ont augmenté leurs prix de seulement 6% en moyenne. Leur modèle fondé sur des coûts réduits (avions plus récents, taux de remplissage élevé) leur permet de mieux absorber la crise. Cependant, Ryanair a prévenu que de nouvelles hausses pourraient intervenir si le prix du pétrole continue de grimper. « Nous surveillons chaque jour le marché et ajustons nos prix en conséquence », a indiqué le directeur financier du groupe irlandais.
Les conséquences pour les consommateurs
Pour un vol Paris-New York aller-retour, le surcoût atteint en moyenne 120 euros. Les destinations touristiques comme l'Espagne ou la Grèce voient leurs billets augmenter de 20 à 50 euros selon la saison. Les compagnies tentent de limiter l'impact en proposant des options plus flexibles, comme des forfaits avec bagages inclus ou des programmes de fidélisation renforcés.
Les perspectives à long terme
Les experts estiment que la crise du kérosène pourrait durer encore deux à trois ans. L'IATA appelle les États à soutenir la recherche de carburants alternatifs, comme les biocarburants ou l'hydrogène, pour réduire la dépendance au pétrole. « L'avenir du transport aérien passe par une décarbonation rapide », conclut Julie Dubois.



