La fièvre xénophobe en Afrique du Sud provoque une vague de départs
Xénophobie en Afrique du Sud : des étrangers fuient

Depuis plusieurs mois, l'Afrique du Sud est secouée par une vague de violences xénophobes visant principalement les ressortissants d'autres pays africains. Selon les autorités locales, plus de 3 000 personnes ont déjà été contraintes de quitter leurs foyers dans les provinces du Gauteng et du KwaZulu-Natal. Ces attaques, souvent perpétrées par des groupes organisés, ont fait au moins 12 morts et des centaines de blessés.

Les causes de la recrudescence

D'après l'Institut d'études de sécurité (ISS), la recrudescence de la violence s'explique par la précarité économique et le chômage élevé, qui atteint 34 % de la population active. « Les étrangers sont perçus comme des concurrents sur le marché du travail et comme responsables des problèmes sociaux », a déclaré le chercheur principal David Bruce. Les tensions alimentaires et les discours xénophobes de certains politiciens locaux ont également exacerbé le climat.

Des départs massifs

Face à cette situation, de nombreux travailleurs originaires du Zimbabwe, du Malawi et de la République démocratique du Congo ont choisi de rentrer chez eux. À Johannesburg, le quartier de Yeoville, habituellement cosmopolite, a perdu près de 40 % de sa population étrangère en trois mois. « Nous avons peur pour nos vies. Le gouvernement ne nous protège pas », a témoigné un ressortissant zimbabwéen sous couvert d'anonymat. Les bus et les trains affrétés par les ambassades voient leurs départs se multiplier.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions du gouvernement

Le président Cyril Ramaphosa a condamné ces actes de violence, promettant de traduire les auteurs en justice. Dans une allocution télévisée, il a rappelé que « l'Afrique du Sud ne tolérera jamais la xénophobie ». Cependant, les associations de défense des droits de l'homme critiquent l'inaction des forces de l'ordre. Amnesty International a dénoncé un « échec persistant » à protéger les minorités étrangères. Les autorités ont déjà arrêté 56 suspects, mais les violences persistent.

Impact économique et social

Le départ massif de travailleurs étrangers affecte plusieurs secteurs, notamment la construction et les services domestiques. Selon la Chambre de commerce sud-africaine, la main-d'œuvre immigrée représente 15 % des emplois dans ces secteurs. Leur exode pourrait aggraver la récession économique. Sur le plan social, la cohésion dans les townships est mise à rude épreuve, avec une montée de la méfiance entre communautés.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale