À Alès, dans le Gard, la boutique érotique Love Play mise sur le conseil personnalisé pour se différencier des sites de vente en ligne. Ouverte depuis 2019 sur le chemin de Larnac, l'établissement de 250 m² accueille une clientèle allant de 18 à plus de 80 ans, avec une hausse notable de la fréquentation des jeunes, souvent désorientés par les contenus pornographiques en ligne.
Une approche axée sur l'écoute et l'accompagnement
Contrairement aux idées reçues, Love Play ne ressemble pas à un sex-shop classique : pas de cabines de visionnage ni d'espace dédié aux pratiques, mais des accessoires, de la lingerie et surtout du conseil. Sabrina Hili, vendeuse et sexothérapeute diplômée, accompagne les clients bien au-delà de l'achat. "Ma priorité, c'est ça. Je ne suis pas que vendeuse. C'est très rassurant pour les personnes qui viennent de se dire qu'en face, elles ont quelqu'un qui peut les aiguiller au plus précis", explique-t-elle.
La clientèle est variée : femmes seules, hommes, couples ou simples curieux. Depuis quelques années, Sabrina Hili observe une augmentation de la fréquentation des plus jeunes. Exposés très tôt à des contenus pornographiques sur Internet, beaucoup arrivent avec des interrogations parfois élémentaires. "Ils sont totalement perdus. Ils voient des images choquantes, veulent les reproduire alors que c'est impossible. On démêle le vrai du faux", raconte-t-elle. Certains ignorent encore comment utiliser un préservatif ou envisagent de prendre des traitements contre les troubles de l'érection sans en avoir besoin. "Les jeunes ne communiquent plus entre eux. Il n'y a plus beaucoup de contacts réels", regrette-t-elle.
Le conseil comme principal atout face à Internet
Face à la concurrence des sites de vente en ligne, Love Play mise sur la proximité. Les clients peuvent manipuler les produits, poser des questions et bénéficier d'un accompagnement personnalisé. "Sur Internet, on lit une fiche technique. Ici, chaque personne est différente et on peut vraiment orienter vers le produit adapté", souligne la sexothérapeute. Cette valeur ajoutée ne suffit pas toujours à empêcher certains visiteurs de relever les références en magasin avant de commander en ligne.
Fondée par Jean-Daniel Petitu, déjà implanté à Nîmes depuis treize ans, l'enseigne continue de composer avec un contexte économique tendu, entre inflation, chaleur estivale et concurrence du e-commerce. Malgré ces difficultés, la boutique entend conserver son identité. "Vous rentrez comme vous êtes. Il n'y a pas de jugement. Et tout ce qui se dit ici reste ici, comme chez le médecin", insiste Sabrina Hili, convaincue que l'écoute demeure le meilleur moyen de fidéliser une clientèle en quête de confidentialité autant que de conseils.



