Six cent vingt poules ont été adoptées ce dimanche 4 octobre 2026 à Rougiers, dans le Var, lors d'une opération de sauvetage menée par l'association La poule est dans le pré. Ces gallinacés, âgés d'environ 18 mois, n'étaient plus assez productifs pour les élevages et étaient destinés à l'abattoir.
Une opération de sauvetage dans le calme du village
Ce dimanche matin, le calme du village de Rougiers a été à peine perturbé par les chants des gallinacés et le va-et-vient des familles adoptantes. Un grand champ, un enclos de fortune pour la matinée, des caisses, des graines et au milieu, 620 poules à l'adoption. L'opération était menée par l'association La poule est dans le pré, présidée par Karine Cristofaro et basée à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, qui organise régulièrement des sauvetages dans la région.
« Ces poules issues d'élevage ont environ 18 mois, âge auquel elles ont passé leur pic de ponte, explique la responsable. Elles ne sont plus assez productives et sont donc destinées à l'abattoir. » Pour autant, les gallinacés sont loin d'être en fin de vie, puisqu'une poule rousse, espèce dont il s'agit là, peut vivre de 5 à 8 ans.
Des poules qui continuent à pondre
« Et elles vont continuer à pondre, peut-être un œuf tous les deux jours. Donc avec trois ou quatre poules, vous avez largement de quoi satisfaire votre consommation personnelle ! », sourit encore Karine Cristofaro. Contre la modique somme de quatre euros par poule, une contrepartie toute symbolique pour l'association qui achète les animaux aux éleveurs et prend à sa charge toute la logistique de la journée.
Sur place, les douze bénévoles de La poule est dans le pré (qui en compte 31 au total) se relaient pour accueillir les adoptants, inscrits en amont, attraper les poules et les remettre aux nouveaux propriétaires, le plus souvent des familles. Comme Mathieu et Mélodie, venus avec leurs bambins Loïs et Ange du village, et qui possèdent déjà trois volatiles. « On en récupère trois pour la cousine de mon épouse, et une pour nous », note Mathieu, heureux propriétaire de poules depuis la fête des pères 2022. « Mais c'est une sorte de tradition familiale, mon père et mon grand-père en avaient. C'est un plaisir d'avoir des œufs frais tous les jours, de les partager à la famille. »
Des poules comme animaux de compagnie
Mais au-delà des œufs, les poules sont pour certains de vrais animaux de compagnie. « J'adore les animaux, confirme Marie, elle aussi venue avec mari et enfants de Vidauban. On a un grand terrain, on a déjà six poules et six poussins et on en récupère dix ce matin. C'est mon plaisir de les avoir, elles nous suivent, elles répondent. »
Ce sentiment, Loïc et Elodie veulent aussi le transmettre à leur petite Léonie de tout juste six mois, venus de Brignoles (après l'annulation de l'opération mi-septembre en raison d'animaux malades, Ndlr). « Nous avons trois poules depuis quelques mois, on vient en récupérer quatre autres, raconte Loïc. On le fait pour avoir des œufs, mais aussi pour permettre à notre fille de grandir au contact des animaux, chance que je n'ai pas eue quand j'étais petit. » À l'inverse de sa compagne, qui adore « voir le chien, le chat et les poules se balader dans le jardin toute la journée ».
Si elle aussi a désormais un jardin, Ludivine, 23 ans, habitante d'Ollières, va découvrir la vie avec des poules, après avoir déjà possédé des lapins et… une chèvre ! « J'ai fait ça un peu à l'arrache, sourit-elle. J'ai rapidement acheté un enclos vendredi et toute la nourriture nécessaire hier (lire samedi). Et ensuite on va leur créer une cabane avec des palettes. J'aime les animaux, et le fait que ce soit un sauvetage m'a aussi motivée à m'inscrire. J'en ai pris six, elles vont être bien ! »
Une dernière opération prévue le 11 octobre
« On conseille d'en prendre au moins deux ou trois, ça reste des animaux qui ne peuvent pas vivre seuls », conclut Karine Cristofani. La dernière opération de sauvetage de l'association pour l'année 2026 est prévue le dimanche 11 octobre, à Fuveau.