Amélie Nothomb : « Je ne supporterais pas d'être aidée par une IA »
Amélie Nothomb : « Je ne supporterais pas d'être aidée par une IA »

Amélie Nothomb, l'écrivaine belge la plus prolifique de sa génération, publie son 34e roman, L'adolescence du perroquet, une fable jubilatoire et cocasse. Dans un entretien accordé à L'Express, elle s'explique sur son refus catégorique de recourir à l'intelligence artificielle pour écrire, affirmant qu'elle ne supporterait pas d'être aidée, « quitte à s'emmêler les pinceaux ».

Une rencontre dans son bureau parisien

Amélie Nothomb nous reçoit dans son bureau aux éditions Albin Michel, à Paris. Sur sa table, une pile de lettres de lecteurs, auxquelles elle prend le soin de répondre. Beaucoup sont jeunes, déjà familiers de ChatGPT ou de Claude. Mais chaque rentrée, ils attendent fébrilement son nouveau roman. Le 34e, L'adolescence du perroquet, est une fable jubilatoire et cocasse, mettant en scène un drôle de tandem : un célibataire amoureux du Louvre et un gris du Gabon.

L'affaire Thélyson Orélien

Amélie Nothomb n'utilise ni boite mail ni ordinateur. « Vous interrogez une aveugle sur les couleurs », nous lance-t-elle à peine lui a-t-on exposé la raison de notre visite : l'affaire Thélyson Orélien. L'auteur de C'était ça ou mourir (Grasset), un premier roman très médiatisé, a été accusé non seulement d'avoir recouru massivement à l'IA pour l'écrire, mais aussi de plagiat pour de précédents textes. Amélie Nothomb a aimé son roman. Elle s'en explique à L'Express dans un grand entretien.

Le plaisir de la difficulté

Pas question pour elle de recourir à une IA : « Je ne supporterais pas d'être aidée par qui que ce soit, explique-t-elle, parce que la difficulté, c'est mon plaisir, quitte à m'emmêler les pinceaux. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où l'usage de l'IA générative dans la création littéraire suscite des débats passionnés. Le cas de Thélyson Orélien, accusé d'avoir utilisé massivement l'IA pour son premier roman, a mis en lumière les pratiques émergentes dans le milieu éditorial. Amélie Nothomb, en refusant toute assistance, réaffirme son attachement à un processus d'écriture artisanal, où la difficulté est vécue comme une source de plaisir.

Son 34e roman, L'adolescence du perroquet, paraît chez Albin Michel. Il met en scène un célibataire amoureux du Louvre et un gris du Gabon, une fable qui semble prolonger son goût pour les récits décalés et les personnages singuliers. Les lecteurs, jeunes et moins jeunes, attendent avec impatience cette nouvelle œuvre, qui confirme son statut d'écrivaine majeure de la rentrée littéraire.