Nîmes : violences et dégâts lors de la mobilisation lycéenne
Nîmes : violences et dégâts lors de la mobilisation lycéenne

La journée de mobilisation lycéenne de ce jeudi 1er octobre à Nîmes a été émaillée de violences et de nombreux dégâts, avec des incendies, des barricades et des vitres brisées. Selon la préfecture du Gard, 22 interpellations ont été effectuées et 13 personnes ont été blessées, dont six policiers et deux personnels de l'éducation nationale.

Un mouvement pacifique perturbé par des fauteurs de troubles

Devant le lycée Ernest-Hémingway, à 8h30, plusieurs centaines de lycéens, soutenus par leurs professeurs, se sont rassemblés pour revendiquer de meilleures conditions d'enseignement. Mais à 8h45, une petite vingtaine de jeunes hommes, encapuchés pour la plupart et étrangers à la mobilisation, sont arrivés sur le site. Ils ont tenté de démarrer plusieurs feux dans des conteneurs à poubelle, espérant visiblement les alimenter avec des palettes trouvées dans le quartier.

Munis d'alcool en spray et d'allumes-gaz, sans revendication légitime apparente, ces jeunes ont provoqué la colère des lycéens en place. Après des moments de vives tensions, ils ont été repoussés avant de prendre la direction du centre-ville, après avoir posé un obstacle sur l'une des voies de l'avenue Jean-Jaurès pour entraver la circulation automobile.

Des établissements pris pour cible

Au lycée Saint-Vincent-de-Paul, face à l'esplanade, plusieurs feux ont été provoqués tôt dans la matinée par des bandes de jeunes, "manifestement extérieurs à l'établissement", selon une source du lycée souhaitant rester anonyme. Ces jeunes ont installé des barricades avant une mise à feu vers 7h15. Le corps enseignant a d'abord confiné les élèves le temps de l'intervention des pompiers et de la police, avant que le lycée soit évacué.

Au lycée Emmanuel-d'Alzon, dans le quartier Beausoleil, une quarantaine de conteneurs à poubelle ont été regroupés par des fauteurs de troubles en vue d'une mise à feu. "Malgré les risques, nos personnels ont réussi à les rentrer à l'intérieur. Avant que le triple vitrage de la devanture de l'établissement ne soit saccagé par ces jeunes, à l'aide de mobilier urbain (panneaux de signalisation, poteaux) dans une violence inouïe !", s'est remémoré Yvan Lachaud, très inquiet pour la suite. En milieu d'après-midi, il a tenu à féliciter les forces de l'ordre pour leur intervention et l'interpellation de l'un des auteurs présumés de ces violences.

Arnaud Dobzyk, nouveau proviseur du lycée Daudet, a également décrit une journée compliquée, ponctuée par l'instauration d'un barrage filtrant puis d'un blocage au sein du lycée historique de l'hypercentre, avec plusieurs incendies dont un assez important ayant nécessité l'intervention des pompiers. "Je démens formellement l'agression d'un membre de nos personnels, au même titre que l'utilisation à l'encontre de l'établissement de cocktails molotov", a-t-il déclaré, en réponse aux rumeurs circulant dans la ville.

La mairie visée et le calme revenu

Les lycées Camus, Voltaire et Darboux ont aussi connu des troubles, tandis que la mairie de Nîmes a été la cible de projectiles en verre de la part de jeunes en furie. "Cette violence a été très soudaine", a réagi Amal Couvreur, venue féliciter les policiers d'un "vous avez été super" après l'évacuation efficace, au gaz de dispersion, de la place de la mairie en quelques minutes. Un peu avant midi, l'air était irrespirable dans les ruelles aux abords de la place de l'hôtel de ville, mais le calme semblait revenu devant des commerçants dépités. Un conseiller du maire proposait aux quelques jeunes présents d'être reçus de manière informelle par le premier édile.

La contestation lycéenne a été forte dans le département, avec "580 manifestants mobilisés devant 16 établissements ayant conduit à 10 blocages", selon la préfecture. De nombreuses détériorations ont été constatées, notamment des feux, des arrachages de grilles et de mobiliers urbains, des vitres vandalisées et des dégradations au sein des lycées lors d'intrusions. La préfète du Gard a condamné les violences et appelé au calme.

Interpellations et conséquences

Le parquet de Nîmes a indiqué que 20 mineurs originaires de Nîmes, Alès et Tarascon ont été placés en garde à vue. Six d'entre eux sont déférés au parquet de Nîmes ce vendredi 2 octobre en matinée. En outre, à titre très exceptionnel, dix lycées du Gard mettent en place l'enseignement à distance ce vendredi, dont les lycées Lamour, Mistral, Darboux, Voltaire, Daudet, D'Alzon, Camus, Dhuoda et Raimu à Nîmes.