Viols en France : le chiffre de 1% de condamnations décrypté
Viols : le 1% de condamnations passé au crible

En France, seulement 1 % des personnes mises en cause dans des affaires de viols feraient l'objet d'une condamnation. Cette assertion, largement reprise par des personnalités politiques dans les médias ces derniers jours, mérite d'être examinée de près. En toile de fond, l'affaire Lyhanna, qui secoue le pays depuis la découverte du corps de cette fillette de 11 ans près de Fleurance. Jérôme Barella, 41 ans, mis en examen pour l'avoir enlevée et séquestrée, avait déjà été impliqué dans deux affaires de viols sans jamais avoir été entendu ni jugé.

Une déclaration de François Ruffin

Interrogé sur TF1 mardi matin, le député et candidat à la présidentielle 2027 François Ruffin a brandi ce pourcentage : « Le problème, c'est qu'ils (les violeurs) ne vont pas en prison. On sait que c'est à peu près seulement 1 % des viols qui se traduisent par des condamnations », a-t-il affirmé. Bien que proche de la réalité, ce chiffre n'est pas tout à fait exact et mérite d'être nuancé.

L'origine du chiffre

Le 1 % évoqué par François Ruffin est une approximation, comme il le précise lui-même. Ce taux compare les viols déclarés par des majeurs – sans nécessairement avoir donné lieu à des poursuites – avec les condamnations pour viols concernant à la fois des majeurs et des mineurs. Ce chiffre est cité depuis dix ans par des associations de lutte contre les violences sexuelles et repris par des politiques. En 2018, Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État à l'Égalité, avait cité ce pourcentage basé sur des données de 2016 : sur 93 000 déclarations de viols ou tentatives, seulement 1 012 condamnations, soit 1,08 %.

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Des données contestables

La mise en rapport de ces deux chiffres est discutable, car les plaintes de 2016 n'ont pas toutes été jugées la même année. De plus, le décalage entre les déclarations, les plaintes enregistrées, les poursuites et les condamnations reflète des réalités différentes. Selon le ministère de la Justice, en 2024, 24 762 personnes ont été mises en cause pour viol, mais seulement 1 890 condamnations ont été prononcées, correspondant à des affaires antérieures.

Une augmentation de 30 % entre 2016 et 2024

Le Haut conseil à l'Égalité (HCE) a publié en septembre 2025 un rapport intitulé « Le viol, un crime massif et impuni ». Il indique que, entre 2016 et 2024, les plaintes pour viol sur majeur ont triplé et celles pour agressions sexuelles doublé, tandis que les condamnations pour viol n'ont augmenté que de 30 %. En 2025, le ministère de l'Intérieur a recensé 132 300 victimes de violences sexuelles, dont 76 200 mineures, soit une hausse de 8 % par rapport à 2024.

1,3 % des condamnations totales en 2024

De nombreuses plaintes pour viol ne sont pas enregistrées, et celles qui le sont n'aboutissent pas toujours à des poursuites ou condamnations. Il est donc difficile d'obtenir un chiffre global précis. En 2024, sur 560 000 condamnations toutes infractions confondues, 7 438 concernaient des violences sexuelles (viols et agressions), soit seulement 1,3 % du total.

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