Depuis le 17 juillet 2026, le bureau de poste du Pont-de-Montvert, village emblématique des Cévennes, a cessé son activité en raison de la présence de radon, un gaz radioactif naturellement présent dans le sous-sol. Les concentrations relevées dans les locaux ont conduit à cette fermeture, suscitant l'incompréhension du maire Stéphan Maurin, qui qualifie la décision de « soudaine et brutale ».
Un manque de transparence dénoncé
Dans un communiqué publié sur Facebook, le maire s'émeut de cette décision : « Si la protection de la santé des agents et des usagers constitue une priorité absolue », il n'en reste néanmoins que « les éléments qui ont été communiqués suscitent de nombreuses interrogations ». Le bâtiment, réhabilité il y a moins de dix ans, appartient à la Communauté de communes des Cévennes au Mont Lozère. Stéphan Maurin considère que les analyses auraient dû être réalisées à l'initiative du propriétaire des lieux.
L'élu s'étonne d'autant plus que le dernier diagnostic, réalisé en 2024 par La Poste, n'avait révélé aucune concentration anormale de radon. « Les tests doivent être effectués dans un cadre réglementaire à intervalles de dix ans si rien n'est détecté et pendant l'hiver. Nous ne connaissons ni les circonstances dans lesquelles ces tests ont été réalisés, ni la date », détaille-t-il, tout en dénonçant le manque de transparence entourant la communication des analyses de radon effectuées par La Poste, dont il affirme ne toujours pas avoir reçu les résultats.
Le radon, un gaz qui s'infiltre par les défauts d'étanchéité
Si le maire du village assure qu'aucuns travaux n'ont été réalisés sur le bâtiment en deux ans, il n'est pas exclu que l'usure normale puisse être à l'origine de cette présence de radon. Héloïse Costes, directrice de l'Agence départementale d'information sur le logement de Lozère (Adil), indique qu'il n'est pas surprenant que des fuites puissent apparaître si des modifications ont été effectuées sur le bâtiment. « Parfois, un simple trou dans le sol peut ouvrir une brèche par laquelle s'échappe le radon. Le gaz entre par le moindre défaut d'étanchéité, explique-t-elle. La deuxième question à se poser, c'est pourquoi le radon reste dans l'air. Est-ce dû à une ventilation insuffisante, un manque d'aération du bâtiment ? »
Un sentiment d'abandon en zone rurale
« Chaque deux trois ans, c'est reparti, il y a quelque chose de nouveau, peste le maire, on est obligé de se battre et on va continuer pour le maintien de nos services publics. » Déjà en 2020, le bureau de poste du village souhaitait passer à des horaires réduits durant la période estivale, comme à Vialas. « Ils considéraient que le Pont-de-Montvert n'était pas une zone touristique, aujourd'hui encore on ne sait pas sur quels critères ils s'étaient basés », explique Stéphan Maurin. Pourtant, à cette période de l'année, la population du village est multipliée par dix, passant de 600 habitants à 5 500.
« On a le sentiment d'être abandonné par l'État dans la ruralité. Les services publics contribuent à la viabilité des villages. Quand on affaiblit cette structure, c'est toute la collectivité qui en pâtit », se désole le maire. Contactée, La Poste assure être à la recherche d'une « solution technique afin de pouvoir réouvrir rapidement », même si le maire a été informé que cela ne serait pas avant un an. En attendant, pour toutes les opérations, les usagers peuvent se rendre au bureau de poste de Florac.



