Cancer du sein : des femmes témoignent de leur combat à Nice
Cancer du sein : des femmes témoignent à Nice

Le 14 octobre 2026, dans le cadre d'Octobre rose, la clinique du Parc Impérial à Nice a organisé des groupes de parole réunissant des femmes touchées par un cancer du sein. Malades, survivantes ou guéries, elles ont partagé leur parcours, leurs traitements, leurs souffrances et leur vie après la maladie. Maryline André, 61 ans, a raconté son diagnostic en 2020, en pleine période de Covid, et son combat contre ce qu'elle appelle son « crabe ».

Un diagnostic vécu comme une claque

« Tu fais ta mammo habituelle et, là, il y a un truc bizarre. C'est une claque… », se remémore Maryline André. Elle décrit une annonce faite « sans aucune humanité ». À l'époque, elle avait de longs cheveux blonds et a demandé à son mari de lui raser la tête. Le plus dur a été d'annoncer la maladie à ses enfants, alors âgés de 17 ans. Elle leur avait dit : « Je serai comme elle, vivante… », en référence à une amie guérie d'un cancer en 2018. Ses enfants ont répondu avec humour : « Tu es trop belle, tu ressembles à Alpha dans Walking Dead ». Un moment de légèreté dans une épreuve difficile.

Maryline André souligne l'importance du soutien : « Quand on est entourés, c'est 70 % de la guérison. » Elle a suivi une hormonothérapie, un traitement pour éviter les risques de récidive, et décrit la vie d'après : « des douleurs, un comprimé tous les soirs… Mais moi, je la vois comme la chance de ne pas rechuter. » Elle admet que la visite semestrielle chez son oncologue reste « un peu un stress », mais elle savoure chaque instant.

Un engagement bénévole pour encourager le dépistage

Maryline André s'est engagée comme bénévole à l'association SOS Cancer du sein, présente lors de ces tables rondes aux côtés de La Ligue contre le cancer et Rose Azur. « Je n'aurais jamais imaginé faire ça avant. Mais avec tout le soutien de ces femmes que j'ai reçu pendant ma maladie, je me suis dit que c'était mon tour maintenant », explique-t-elle. Elle insiste sur la lutte contre l'isolement social des femmes et la proposition d'activités, notamment sportives : « On leur parle et on a une légitimité pour le faire et pour véhiculer le message : "Faites-vous dépister". »

Un dépistage insuffisant dans la région Paca

Le cancer du sein est le premier cancer chez les femmes. Le docteur Thibault Le Bourgeois, oncologue à la clinique du Parc Impérial, rappelle : « On le guérit dans neuf cas sur dix quand il est diagnostiqué précocement. » Il martèle un message : « Faites-vous dépister ». À l'échelle nationale, seulement 46 % des femmes de 50 à 74 ans participent à la campagne de dépistage. Dans la région Paca, ce chiffre est encore plus bas : seules 33 % des femmes concernées ont fait leur mammographie en 2025. Ce cancer continue de tuer plus de 12 000 femmes chaque année, ce qui représente des pertes de chances évitables.