La Mission étudiante de Montpellier (MEM) a organisé sa première distribution alimentaire de la rentrée le jeudi 8 octobre dans ses locaux attenants à la paroisse Sainte-Bernadette. Cette action vise à répondre à une précarité urgente, alors que les étudiants se mobilisent aux côtés des lycéens pour réclamer des conditions de vie et d'étude plus dignes.
Une réponse concrète à l'urgence sociale
L'association, qui propose un éventail d'actions concrètes – consultations médicales, soutien psychologique ou activités de rencontre – repose principalement sur une distribution mensuelle de colis alimentaires destinée à ses bénéficiaires. Pour Sabine Audigier, assistante administrative de l'association depuis trois ans, l'objectif premier est clair : « La distribution alimentaire est la priorité. Quand un étudiant se nourrit mal, tout en découle. »
Ce dispositif est devenu indispensable pour une cinquantaine d'étudiants. Carmen, étudiante de 26 ans, en bénéficie depuis deux ans : « Ça me permet d'économiser sur le riz, le couscous, c'est vraiment important pour moi. »
Une permanence médicale et psychologique
La MEM ne néglige pas pour autant l'urgence médicale et psychologique. Vincent Brun, médecin retraité et bénévole, assure une permanence médicale gratuite une fois par semaine dans les locaux de l'association. Cette offre complète les autres services destinés aux jeunes.
Au-delà de l'aide matérielle, la MEM incarne un lieu d'écoute et de partage. L'objectif est de redonner confiance, de rompre l'isolement et de créer un esprit de famille. Les bénévoles mènent avec rigueur les actions solidaires, mais l'accueil et l'écoute restent centraux.
Une écoute bienveillante et des activités variées
L'association adapte son champ d'action en fonction des besoins de chacun. Elle propose des activités culturelles, sportives et des groupes de parole autour de thématiques liées au vécu des bénéficiaires. Cette écoute se manifeste notamment lors des distributions alimentaires : si un étudiant ressent le besoin de parler, un bénévole est toujours présent pour assurer une écoute bienveillante autour d'un moment convivial après la distribution.
Selon Sabine Audigier, les étudiants sont nombreux à vouloir s'exprimer : « Au début ils n'osent pas trop. Ils sont assez timides, ils ne savent pas où ils mettent les pieds. Mais quand on creuse, on se rend compte que beaucoup se sentent seuls. »
Des moyens limités face à une demande croissante
Malgré ses moyens limités, la MEM remporte le pari de la confiance. Les bénéficiaires comme Carmen affirment que cette aide contribue pleinement à leur vie étudiante. Pourtant, l'association regrette de ne pas pouvoir aider davantage d'étudiants. Sabine Audigier confie une volonté d'évoluer, mais la petite structure limite son nombre de bénéficiaires pour garantir un suivi qualitatif et humain : « On ne peut pas avoir 500 étudiants d'un coup pour la distribution alimentaire. On n'arriverait pas à gérer le nombre. »
Sabine est aujourd'hui la seule salariée de l'association, malgré de nombreux bénévoles engagés. Elle mène une recherche constante de nouveaux financements pour élargir les champs des possibles de la Mission étudiante de Montpellier, située au 3 avenue du Docteur-Pezet.