HLM à Sète : 41 locataires contestent le refus de la clim
Sète : 41 locataires HLM contestent le refus de la clim

À Sète, dans l'Hérault, 41 locataires de la résidence La Marine, un ensemble HLM de six immeubles situé rue Salvador Allende, près de la place de la République, contestent depuis le 29 juin le refus de leur bailleur ICF Habitat d'autoriser l'installation de climatiseurs à leurs frais. Malgré des températures atteignant 35 °C dans les appartements, le gestionnaire a adressé le 23 septembre une mise en demeure à une résidente ayant installé un climatiseur sans autorisation, lui demandant de le démonter et de remettre les lieux en état.

Une pétition lancée en pleine canicule

Le 29 juin, en pleine canicule, quarante et un locataires de plusieurs immeubles ont adressé une pétition à ICF Habitat, antenne de SNCF Immobilier, pour demander l'autorisation de faire poser, à leurs frais, la climatisation dans leurs logements. Le texte précise que cette opération serait effectuée « par des professionnels ». Les locataires justifient leur demande par des conditions de vie difficiles : « Nous avons des températures allant jusqu'à 35 °C dans nos appartements, ce qui devient très dur à supporter et met certains de nos locataires en danger ».

Pour appuyer leur demande, des résidents ont joint à leur courrier des attestations de médecins. L'un d'eux a écrit : « il a un état de santé très fragile et la mise en place d'une climatisation à son domicile est fortement souhaitable ». D'autres ont fourni des courriers de la Maison départementale de l'Hérault reconnaissant une situation de handicap.

Un précédent refus et un sentiment d'injustice

Cette demande faisait suite à une première requête qui avait été rejetée. Les locataires, agacés, soulignent dans la pétition une inégalité de traitement : « dans la loge de notre gestionnaire d'immeuble, la climatisation y est alors que celle-ci est présente que quelques heures par semaine dans son bureau », ajoutant que les frais engendrés « sont payés par nous dans les charges ».

Malgré l'espoir de « compréhension », la réponse est restée négative. Certains locataires ont alors décidé d'installer eux-mêmes des climatiseurs, au risque de sanctions.

Une mise en demeure pour une résidente

Le 23 septembre, une résidente a reçu une mise en demeure d'ICF Habitat. Le bailleur explique qu'à la « suite d'une visite de votre logement, nous avons constaté que vous aviez installé un climatiseur sans autorisation. La mise en place des modules de climatisation individuelle fixe entraîne des modifications importantes, notamment des percements (étanchéité) et changement esthétique des façades, ainsi que l'émission de bruit des modules extérieurs d'extraction. C'est pour ces raisons que nous n'autorisons pas ce type de travaux ».

Le bailleur invoque également des risques techniques : « le danger lié à l'utilisation de climatisation et d'extracteur d'air, qui provoquerait un refoulement du monoxyde de carbone dans votre logement ainsi que celui de vos voisins ». Il précise aussi que « l'installation électrique de votre logement n'est pas prévue pour cet équipement, nécessitant une forte puissance durant certaines phases de fonctionnement ».

La locataire devait donc tout faire enlever et remettre les percements réalisés en façade « en état d'origine », puis fournir une photo attestant que les travaux avaient été effectués, à transmettre par mail. Midi Libre a utilisé cette adresse mail pour obtenir des précisions, sans réponse à ce jour.