L'ancien président Nicolas Sarkozy sollicite la justice pour un aménagement de ses peines
Le tribunal correctionnel de Paris examine ce lundi une demande importante de l'ancien chef de l'État. Nicolas Sarkozy sollicite la confusion de ses deux peines définitives, dans les dossiers judiciaires distincts de Bismuth et Bygmalion. Cette audience non publique, dite « en chambre du conseil », pourrait simplifier sa situation pénale.
Une procédure judiciaire classique selon la défense
L'avocat de l'ancien président, Vincent Desry, qui le représentera avec Jacqueline Laffont, a déclaré : « La demande de confusion de peines est une procédure extrêmement classique dans cette situation ». Nicolas Sarkozy demande spécifiquement que sa peine de six mois de prison ferme dans le dossier Bygmalion, pourtant aménageable, soit considérée comme déjà purgée. Cette requête s'appuie sur le port d'un bracelet électronique l'année dernière dans le cadre de l'affaire Bismuth.
Le lourd passif judiciaire de l'ancien président
Dans l'affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné le 14 février 2024 par la cour d'appel de Paris à un an d'emprisonnement dont six mois ferme pour financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. Cette condamnation est devenue définitive le 26 novembre dernier après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation. La peine en appel, dont la cour avait ordonné l'aménagement pour la partie ferme, était légèrement inférieure à celle prononcée en première instance en 2021.
Cette affaire constitue la deuxième mention au casier judiciaire de Nicolas Sarkozy. La première concerne sa condamnation à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des écoutes, également appelée Bismuth, devenue définitive depuis décembre 2024.
Le fonctionnement technique de la confusion de peines
Pour l'affaire Bismuth, Nicolas Sarkozy a effectivement porté un bracelet électronique du 7 février au 12 mai 2025. Âgé de 70 ans à l'époque, il a demandé et obtenu une libération conditionnelle avant mi-peine, possibilité légale à cet âge. La confusion de peines est prévue par l'article 132-4 du code pénal.
Cette demande n'est possible que si plusieurs critères stricts sont remplis : des procédures séparées, des infractions « en concours » (commises successivement avant une condamnation définitive), des peines de même nature et devenues définitives. La décision du tribunal devrait être mise en délibéré et reste susceptible d'appel.
Un agenda judiciaire chargé pour l'ancien chef de l'État
Nicolas Sarkozy aura à nouveau rendez-vous avec la justice à partir du 16 mars prochain avec l'ouverture du procès libyen en appel. Dans cette affaire, l'ex-président, condamné à cinq ans de prison ferme en première instance pour association de malfaiteurs, jouera une nouvelle fois son avenir judiciaire. Cette accumulation de procédures illustre les défis légaux auxquels fait face l'ancien chef de l'État depuis la fin de son mandat.



