Le pensionnaire du Creps Paca de Boulouris a frappé fort pour ses débuts sur la scène européenne senior. Vendredi, à Elblag (Pologne), Milan Larivière est monté sur la plus haute marche du podium des championnats d'Europe de triathlon sprint, une épreuve disputée sur 750 mètres de natation, 20 kilomètres de vélo et 5 kilomètres de course à pied. Le jeune homme de 20 ans, également sociétaire du Poissy Triathlon, a devancé le Britannique Michael Gar de cinq secondes et le Hongrois Zalan Hobor de sept secondes.
Le Raphaëlois d'adoption a construit sa victoire dans l'ultime partie de la course à pied. Alors que la natation et le vélo n'avaient pas permis de creuser des écarts décisifs, c'est bien sur le 5 kilomètres final qu'il a fait la différence, lâchant ses adversaires pour s'adjuger le titre avec une avance nette. Une performance saluée par les observateurs, d'autant que la concurrence était relevée avec plusieurs spécialistes européens de la discipline.
« J'ai commencé à y croire pendant les cent derniers mètres, a-t-il confié au micro des organisateurs. Avant ça, je souffrais beaucoup. » Une déclaration qui traduit l'effort intense fourni dans la dernière ligne droite, mais aussi la détermination d'un athlète qui a appris à gérer la douleur et l'effort dans les moments décisifs.
Une première saison senior réussie
Ce succès porte la marque d'une progression fulgurante. « Cette année, tout s'aligne parfaitement, remarque le Réunionnais, qui rappelle que c'est sa première année avec les U23 et les seniors. Mes deux années juniors ont été un peu compliquées. » Depuis le début de saison, le Varois d'adoption s'est illustré sur le circuit de la coupe d'Europe, toujours sur le format sprint. Il s'est imposé le 4 juillet à Holten (Pays-Bas) et a pris la deuxième place le 11 avril à Monte-Gordo (Portugal). Autant de repères qui expliquent sa confiance actuelle et sa capacité à performer sur ce format exigeant.
En s'imposant chez les élites, Milan Larivière récupère également le titre dans sa catégorie d'âge, chez les espoirs. Une double récompense qui confirme son statut de grand espoir du triathlon français. À seulement 20 ans, il prouve qu'il est capable de rivaliser avec les athlètes les plus expérimentés du continent, tout en continuant son apprentissage dans les catégories jeunes.
Pablo Isotton, autre Raphaëlois, dans le top 5
L'autre représentant de Saint-Raphaël engagé dans cette course, Pablo Isotton, a lui aussi réalisé une belle performance. Déjà neuvième et premier Français des championnats d'Europe sur la distance olympique en juin, il a pris la cinquième place au scratch, à onze secondes du vainqueur. Dans le classement des moins de 23 ans, il gagne une place et termine quatrième. Une régularité prometteuse pour la délégation raphaëloise, qui confirme la qualité du travail effectué au Creps de Boulouris.
Côté féminin, Léa Houart, championne du monde juniors l'an dernier, est montée sur la troisième marche du podium chez les élites. Elle se classe par ailleurs deuxième chez les espoirs, derrière sa compatriote Ambre Grasset. Manon Laporte, qui s'entraîne également à Saint-Raphaël, n'a pu faire mieux qu'une quatorzième place. Malgré cette contre-performance, la présence de plusieurs athlètes raphaëlois au plus haut niveau européen démontre la vitalité de la structure d'entraînement varoise.
Un relais mixte moins réussi
Le lendemain de ces courses individuelles, le relais mixte français composé de Houart, Isotton, Grasset et Larivière n'a pas connu la même réussite. Le quatuor s'est classé cinquième de l'épreuve par équipes. La victoire est revenue à la Hongrie, devant l'Espagne et l'Allemagne. Une déception relative après les excellentes performances individuelles, mais qui n'entame pas le bilan global de la délégation tricolore. Le relais reste une discipline exigeante, où la coordination entre les nageurs, les cyclistes et les coureurs est primordiale, et la France pourra s'appuyer sur cette expérience pour les prochaines échéances.
Avec cette victoire, Milan Larivière confirme que le format sprint lui réussit à merveille en 2026. De quoi aborder la suite de la saison avec de grandes ambitions, notamment en vue des prochains rendez-vous internationaux. Le triathlète réunionnais, qui s'est fixé des objectifs élevés, entend bien poursuivre sur cette dynamique et s'affirmer comme l'un des leaders de sa génération.



