Le ZooParc de Beauval conditionne la construction de son delphinarium à une participation financière de l'État. Son directeur, Rodolphe Delord, a indiqué qu'il renoncerait au projet d'accueil de 23 cétacés issus de Marineland et de Planète Sauvage si aucune aide publique n'était apportée.
Un projet à 45 millions d'euros en suspens
Depuis la fermeture des bassins de Marineland en janvier 2025, consécutive à la loi interdisant les spectacles d'animaux sauvages ainsi que la détention et la reproduction des cétacés en captivité, le sort des dauphins et des orques du parc antibois est devenu un dossier national sensible. Huit des douze dauphins encore présents à Marineland ont récemment été transférés vers le parc marin de Malaga, en Espagne, dans l'attente d'une solution pérenne.
Le ZooParc de Beauval, situé à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, s'était proposé pour accueillir les dauphins de Marineland ainsi que ceux de Planète Sauvage, un complexe proche de Nantes en Loire-Atlantique. Le projet prévoit la création d'un delphinarium dont le coût est estimé à environ 45 millions d'euros, entièrement financé par le parc.
Dans un entretien accordé au Parisien et à la radio Ici Touraine, Rodolphe Delord a déclaré qu'il envisageait d'abandonner ce projet s'il n'obtenait pas « éventuellement une participation financière, ou au moins plus de soutien de l'État ». Le directeur du ZooParc a également fait part de son agacement face aux critiques répétées émanant d'associations de défense des animaux.
La colère des associations de protection animale
Une vingtaine de militants des associations One Voice, C'est assez et Tilikum's Spirit ont manifesté samedi 1er août 2026 à Saint-Aignan pour s'opposer à ce projet, comme l'a rapporté La Nouvelle République. Ces organisations dénoncent le maintien en captivité de dauphins et l'édification d'infrastructures dédiées aux spectacles, jugées contraires à l'évolution législative récente.
Rodolphe Delord, qui s'est dit « agacé » par ces attaques, a souligné que le ZooParc de Beauval avait déjà consenti un investissement majeur dans le cadre de ce programme. Il a également rappelé que sans solution de repli, les cétacés concernés ne pourraient pas être hébergés dans des conditions satisfaisantes.
Une décision attendue avant la rentrée
Le directeur du ZooParc de Beauval a indiqué vouloir trancher « avant la rentrée » prochaine. Cette échéance laisse peu de temps aux pouvoirs publics pour répondre à sa demande de soutien financier. Le sort des 23 cétacés dépend donc étroitement de l'arbitrage gouvernemental dans les prochaines semaines.
Le dossier s'inscrit dans un contexte plus large de transition des parcs animaliers vers des modèles sans animaux sauvages en captivité. La fermeture de Marineland et le transfert de ses dauphins vers l'Espagne illustrent les difficultés d'application de la loi de 2025 et les nécessaires adaptations des structures concernées.



