Université de Toulon : autoconsommation collective, le pari gagnant
Université de Toulon : le pari gagnant de l'autoconsommation

L’Université de Toulon a inauguré, en cette rentrée de septembre 2026, son système d’autoconsommation collective sur le campus de La Garde. Ce dispositif lui permet de consommer sur place l’électricité qu’elle produit localement, grâce à un mix énergétique combinant panneaux photovoltaïques, géothermie et chaufferie biomasse. Selon l’Université, ces installations couvrent d’ores et déjà 10 % de ses besoins annuels en électricité, un modèle salué par Enedis comme « un modèle d’autoconsommation collective sur le territoire ».

Un mix énergétique diversifié sur le campus

Le site de La Garde, décrit comme un « poumon vert » d’une trentaine d’hectares dans un tissu urbain hyperdense, héberge désormais plusieurs installations vertueuses. Les 32 bâtiments du campus sont desservis par l’une des sources d’énergie renouvelable : des panneaux solaires installés sur 4 toitures (1 150 m²), des ombrières (500 m²), de la géothermie (25 sondes à 150 mètres de profondeur sous le parking nord) et une chaufferie biomasse (450 tonnes de granulés de bois par an, en circuit court).

« Nous réussissons à cumuler ces trois manières de produire de l’énergie, c’est une première satisfaction, d’abord pour des raisons financières, développe Xavier Leroux, président de l’Université de Toulon. Cela nous a permis, à un moment où il y a eu une explosion des coûts de l’énergie, de réduire les surcoûts induits par la situation internationale. »

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L’autre attrait, aux yeux du président, est « le bénéfice d’exemplarité vis-à-vis de nos 11 000 étudiants ». L’objectif est bien « la formation des jeunes, non seulement sur un plan professionnel, mais aussi en tant que citoyens engagés dans ces domaines, au sein des entreprises qui les accueilleront plus tard ».

Une convention pour consommer 100 % de la production

Une convention a été signée le 15 septembre 2026, « au service de la transition énergétique, loue Nathalie Alexandre, directrice territoriale chez Enedis Var. Nous pouvons être fiers de notre Université, c’est un modèle, dont nous avons besoin, qui s’engage. C’est un modèle d’autoconsommation collective sur le territoire. »

Dans un secteur hypertechnique et complexe au niveau réglementaire, la convention consacre la possibilité pour l’Université de consommer 100 % de sa production électrique, ce qui n’était pas le cas auparavant. Elle ne sera plus contrainte de réinjecter les surplus dans le réseau public, à perte.

Le projet s’inscrit dans une « démarche d’Écocampus depuis 2022 », selon l’Université. Il est question de « souveraineté énergétique », de « compétitivité et de résilience des territoires », en partenariat avec Enedis, « un service public de distribution d’électricité ».

Un retour sur investissement de 8 à 10 ans

Sans financements extérieurs, sans aides publiques (État, Région, Métropole et l’Ademe), l’Université dont le budget est plus que serré n’aurait pas pu financer ces projets. « Le retour sur investissement s’étale en général entre 8 et 10 ans et les panneaux ont une durée de vie de 20 à 30 ans », décrypte Juliette Nortier, directrice du patrimoine et des services techniques. Il faut ajouter les travaux de réfection de toiture, avant de poser l’installation.

Malgré les fermetures pendant les vacances scolaires, une université a tout le temps besoin d’énergie. « Les bâtiments liés à la recherche ne s’arrêtent jamais, ce sont de gros consommateurs énergétiques, avec des équipements qui tournent en permanence. »

Sur le campus de La Garde, l’autoconsommation collective a débuté en février 2026 et l’ombrière (devant l’école d’ingénieurs SeaTech) vient juste d’être raccordée. « Nous n’avons pas encore une année complète d’exploitation », souligne Grégory Colomo, économe de flux de l’Université de Toulon. « L’ambition est d’avoir un pilotage plus fin. Nous espérons optimiser nos consommations d’énergie. » Déjà celle de gaz a baissé de 60 % depuis 2018, à la faveur de nouvelles chaudières plus performantes, puis de l’arrivée d’une chaufferie biomasse et de la géothermie.

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Un modèle qui essaime dans le Var

Il existe dans le Var une trentaine de projets d’installations d’autoconsommation collective, et 36 déjà en service, à l’initiative de collectivités ou d’entreprises. La Garde et La Valette font partie de ces communes « avant-gardistes » disent les élus, où « les surfaces sont optimisées sur les toitures qui sont éligibles ».

Quand la production d’énergie est supérieure à la consommation du bâtiment, « cela permet de faire une alimentation partagée », expose la maire de La Garde Hélène Arnaud-Bill (divers droite). À La Valette, « un partenariat public-privé est en réflexion », détaille le maire (UDR) Julien Argento. « La Coupiane, la plus grosse co-propriété du Var, avec 750 lots d’un seul tenant, doit changer de système de chaufferie, obsolète. » Avec l’espace culturel Albert-Camus et une école proche, habitat privé et bâtiments publics pourraient s’engager ensemble dans un projet.

« Nous servons aussi d’exemple par rapport à la population », défend Hélène Arnaud-Bill, pour faire voir que cela fonctionne. « Pendant des années, il a été compliqué d’avoir les artisans sur le territoire, en capacité de développer ces nouvelles techniques. » Désormais ils sont là. La commande publique, elle, peut soutenir ces métiers nouveaux et porteurs.