Les élections sénatoriales dans le Var se joueront à un siège près. Avec onze listes déposées en préfecture, un record dans le département, la conquête du quatrième siège de sénateur s'annonce particulièrement disputée. Les Républicains et le Rassemblement national devraient se partager les trois premières places, mais la quatrième est l'objet de toutes les convoitises. La candidature de Véronique Maurel, à la tête de l'Union patronale du Var et encartée à l'UDI, pourrait redistribuer les cartes à droite et au centre, selon les observateurs.
Véronique Maurel, une candidature qui bouscule le jeu
Véronique Maurel, cheffe d'entreprise et présidente de l'Union patronale du Var, a décidé de se lancer dans la course. En s'encartant à l'UDI, elle pourrait bien bousculer les équilibres politiques locaux. Son colistier et référent varois du parti d'Hervé Marseille, Fabrice Albert, est à l'origine de ce coup politique. « Qui mieux que la patronne des patronnes pour réparer le Var et la France ? », fanfaronne-t-il. L'entourage de la candidate se dit confiant et met en avant le ralliement de Michel Bonnus, une prise jugée importante. « Preuve de sa crédibilité ou de la fébrilité de ses adversaires, elle, aussi, trouve des peaux de bananes sur sa route », fait remarquer son entourage.
Cette candidature pourrait éclipser celle de Marc Lauriol, qui se voyait devant Françoise Dumont et Frank Giletti. Ce dernier est pourtant rattrapé par une présumée affaire de fraude au chômage partiel pendant la période Covid. D'après ses dernières simulations, il se classerait toujours en tête. La multiplicité des listes qui draguent les grands électeurs de la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) ne l'impacterait pas trop. Le président de l'Odel Var et conseiller départemental, qui a rendu sa carte LR pour faire campagne avec l'étiquette d'indépendant, mise davantage sur le reste du Var. « J'ai un bon accueil », rapporte-t-il, sans vouloir paraître trop confiant.
Marc Lauriol, un indépendant qui mise sur ses soutiens
Marc Lauriol peut compter sur la présence de Nathalie Pérez-Leroux, « particulièrement appréciée », en deuxième position sur sa liste. « Avec elle, il a fait une bonne pioche. D'ailleurs, elle aurait été une meilleure tête de liste », peut-on entendre dans les couloirs de la politique varoise. Ce soutien pourrait faire la différence dans une élection où chaque voix comptera.
De son côté, Jean-Pierre Colin (Horizons) affiche un enthousiasme à toute épreuve, malgré des difficultés à obtenir des soutiens. Il n'a pas réussi à obtenir l'appui de Renaud Muselier (Renaissance) et de son dauphin à la Région, François de Canson, qui a préféré un accord avec Françoise Dumont. « La stratégie de Colin, c'est de tirer sur tout ce qui bouge. Est-ce que ça sera la bonne ? », s'interroge un autre cador de la politique varoise. Sa campagne agressive pourrait néanmoins lui permettre de tirer son épingle du jeu.
Michel Gros, l'outsider qui monte
Parmi les autres candidats, Michel Gros se dégage du lot. Ancien maire de La Roquebrussanne, il bénéficie du soutien d'André Guiol, sénateur sortant (social-démocrate) qui a siégé dans le groupe RDSE pendant six ans. « Il ne faudrait pas enterrer trop vite sa liste », insiste un cadre de la droite. Selon certaines estimations, Michel Gros aurait un réservoir maximum de 670 voix en se basant sur les résultats de 2020, alors que 300 pourraient lui suffire pour monter à Paris. Cependant, il n'a pas réussi à embarquer avec lui Marjorie Viort, maire du Thoronet et vice-présidente de la communauté de communes Cœur de Var.
Assurés de finir en queue de peloton, Aurélien Lacour (LFI) et Sylvie Vinceneux (PCF) veulent faire entendre leur voix dans un département qui vire de plus en plus à droite de la droite. Tout comme Stéphane Michel (divers droite), fils de Jean-Mathieu Michel, ancien maire de Signes mortellement renversé en 2019. Ce dernier porte une proposition inédite : le retour de la Formule 1 au Castellet. En attendant, beaucoup risquent de finir dans le décor à la fin du mois.



